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Niodior : l’arrivée au village

Lundi 24 octobre
Nous nous sommes réveillés dans le Saloum, sur l’île de Sangomar où nous mouillons tranquillement le long des palétuviers, protégés de l’Atlantique par une bande de sable. Nous attendrons 16h pour accoster à Niodior, le temps que les villageois organisent une fête de bienvenue. Les quatre garçons, après un petit déjeuner copieux et un peu de travail scolaire ont droit à un cours de pêche par El Hadj et s’apprêtent à plonger pour aller chercher des crabes sur l’île : c’est l’excitation à bord ! La pêche est fructueuse : ils ramènent une sceau entier grouillant de crabes qui se grimpent les uns sur les autres… Pourvu qu’ils ne le renversent pas sur le bateau !
A 16h nous levons l’ancre pour nous rendre juste en face au village de Niodior. Les bancs de sable sont partout, et l’eau trouble du Saloum ne permet pas de distinguer la différence entre 80cm de fond et 5m ! Nous suivons les recommandation d’El Hadj, erreur : notre hôte est professeur, pas navigateur. Nous plantons donc joyeusement Essentiel dans un banc. Le cap’tain s’aide des deux moteurs pour faire marche arrière, mais le vent nous pousse dans le sable. Nous y arriverons enfin après quelques minutes d’effort. La stratégie est donc de suivre les piquets qui semblent contourner le banc et indiquer aux pirogues où sont les fonds à marrée basse. Oui, mais Essentiel n’est pas une pirogue… Nous nous plantons à nouveau. Le cap’tain peste car ici il y a 5m de fond, et juste à coté on touche à 80cm ! Nous décidons donc de mouiller à l’écart et de poursuivre avec l’annexe. Finalement c’est une pirogue qui vient nous chercher.
Nous mettons les enfants dedans avec le professeur, et nous les suivons fébrilement… L’émotion de retrouver enfin notre village. Nous appréhendons un peu l’accueil.

Finalement nous arrivons non sans mal au ponton où tout le village nous attend. Des centaines d’enfants tels des petits moineaux nous accueillent, chantant, dansant, tapant des mains: l’émotion nous gagne, indescriptible !
Il fallait voir l’arrivée ! Eliot, Loïg, Stanislas et Alexandre cloués dans leur pirogue, nous cherchant des yeux, n’osant bouger car au ponton une centaine de petits écoliers en tenue bleu ciel les attendaient, les acclamant. Le « Club des quatre », les « Aventuriers de l’arche perdue »… tu parles : quatre petits garçons loin de leurs mamans et un peu perdus dans cette masse d’enfants !
Quel accueil, quelle joie, quel bonheur. Pendant que les quatre aventuriers sont halés par la foule des élèves, nous sommes présentés au corps enseignant. Je surveille les garçons qui avancent dans le village, portés par la foule. Je lis dans leurs yeux un mélange de surprise, de plaisir d’être accueillis comme ça mais je les sens surtout très intimidés. Je les perds de vue et goute le plaisir de ce que je vis, une expérience que je ne suis pas prête d’oublier : oubliés la chaleur moite, les moustiques et les mauvaises odeurs de Dakar, je plane et me laisse portée par cette foule, dans le dédale des petites rues sablonneuses, avec deux petites menottes dans mes mains ! Puis nous filons dans les ruelles portés par le flot, suivant de loin nos petites têtes blondes… qui dansent avec les petits niodiorois ! Tout va bien. Nous nous dirigerons vers l’école pour une présentation des lieux et la remise de nos achats scolaires. Nous arrivons finalement à l’école où nous attendent l’équipe
enseignante. Après un joli discours prononcé par le directeur c’est au tour des garçons qui doivent vaincre leur timidité et se présenter devant une bonne cinquantaine de personnes qui forment un cercle : nous sommes très fiers d’eux ils s’en sont très bien sortis !

Enfin les fameux paquets sont ouverts par les professeurs où se trouvent tous les achats de papeterie que nous avons faits avec El Hadj à Dakar. Ils se confondent en remerciements et je me sens mal à l’aise tant ce que nous avons fait me semble une goutte d’eau par rapport à leurs besoins.
Les remerciements des professeurs et du directeur de l’école nous sont allés droit au cœur. VSF fait beaucoup pour eux, mais nos dons ont été d’un grand soutien. J’aurais aimé que vous puissiez voir leurs regards, leurs sourires, leurs joies afin de tout partager avec vous tous qui nous avez aidés par vos contributions (et je sais que certains ont beaucoup donné). CES SOURIRES ETAIENT POUR VOUS ! MERCI A TOUS.
Grâce à votre générosité nous avons pu faire tous ces achats : cahiers, gommes, stylos, crayons, livres de lecture, un Beschrelle. Sachez que par ce geste vous avez vraiment aidé concrètement les 400 petits élèves de Niodior à étudier dans de meilleures conditions. Et quand on voit les moyens avec lesquels ils travaillent ce n’est pas du superflu !

Après toutes ces émotions nous rentrons au bateau. Le lendemain les garçons sont attendus pour deux heures de cours avec les élèves du village. Quelle expérience…

 

2 Commentaires

  1. faly sathie

    c’est un grand plaisir de remarqué que la beauté du sine saloum ainsi que ca belle vie est soi conu

    1. Cap'tain

      Le Sine Saloum, un endroit paradisiaque et des gens merveilleux ! Merci pour votre message.

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