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Passe de Djifère : approche au Nord de l’île de Sangomar

Pour rejoindre le petit village de Niodior où nous avons notre mission VSF, nous avons quitté Dakar dans la nuit pour rejoindre le Sine Saloum tôt le lendemain matin. Nous aurions dû rester au-delà de la bande des  30m de profondeur pour éviter les pêcheurs et leurs nombreux filets, mais finalement nous avons tiré ‘tout droit’ nous approchant des côtes progressivement. Parfois nous croisions des pêcheurs dans la nuit noire et  étoilée (mais pas de lune), en fait des petits points lumineux qui s’éclairaient à notre passage pour nous passer juste devant, puis s’éteignaient une fois les étraves d’Essentiel passées… Quand aux filets, aucun ne sont  éclairés. Nous avons navigué dérives relevées, et Inch’ Allah ! Aux premières lueurs du jour, de belles frayeurs, les yeux discernant à peine les formes à la surface de l’eau, j’aperçois aux jumelles un filet droit devant  nous. Grand coup de barre à droite, puis un deuxième, grand coup de barre à gauche, et on se retrouve dans un paquet de drapeaux !!!! Il n’y a pas de doute, nous sommes très proches des côtes. D’ailleurs les fonds sont à moins de 10 mètres depuis un moment : ça laisse les sens en éveil. Un peu stressant lorsqu’il est 6h du matin, que le vent souffle à 15nds, et qu’il faut zigzaguer entre les filets… La densité des filets et des pêcheurs est incroyable. Ils sont tous là avec leurs pirogues que l’on distingue à peine derrière les vagues. Nous avançons tout de même en surveillant les fonds qui se rapprochent…

En visant les bouées d’entrée du chenal qui mène à la nouvelle passe ouverte par la mer sur l’île de Sangomar (13°54,09N 16°47,44W), les fonds sont entre 5 et 8m et l’on remonte un chenal bien balisé sur bâbord  et tribord. Les bouées sont non lumineuses, le chenal est pratiqué par les caboteurs à marée haute. La profondeur mini à l’entrée est de 3,5m + la hauteur de la marée.

Nous avons visé la partie sud de la passe, face au village de Dionouar, pour un petit mouillage recommandé par Philippe du trimaran YOBALEMA de Voiles Sans Frontières. Placé derrière un petit banc de sable, au  bord de l’île de Sangomar et à l’abris de la houle de l’Atlantique (13°52,9N  16°45,2W), c’est un bon repos avant de nous rendre au village de Niodior.

Nous nous baignons, les enfants partent avec El Hadj (le professeur de Niodior qui nous accompagne) pour attraper des crabes, la ballade dans la mangrove sur cette île inhabitée est un vrai spectacle. La mer est  proche mais nous sommes protégés.  Mais pour combien de temps encore ? Cette fragile langue de sable et de palétuviers sera bientôt mangée par la montée des eaux, agrandissant un peu plus la passe et l’entrée de la mer dans le Sine Saloum. Dans un proche avenir les villages de Dionouar et de Niodior seront directement exposés…

Cartographie MaxSea : la partie Nord de l’île de Sangomar a disparue !

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