Street photography

Stéphane de PENN GWEN

Stéphane de PENN GWEN

Stéphane, le capitaine de PENN GWEN (RM 1200), est street photographer. Nous avons découvert cet art de la photo de rue en le suivant au hasard de nos rencontres, à Charleston, à New York, aux Abaco, en Jamaïque… Dès que le terrain s’y prête, dès qu’il y a des gens, de la vie, des regards, Stéphane s’arme d’un étonnant appareil photo tout à fait anachronique et fige des portraits, en toute simplicité.

Au début nous avons éprouvé une certaine gêne à voir Stéphane se planter face à son sujet, cherchant à surprendre le regard, attraper l’instant furtif, shooter la seconde où l’expression du visage dit tout. Tout l’art est là : attraper une fraction d’intimité, faire intrusion dans la vie intime des gens au moment où ils s’y attendent le moins, les surprendre et prendre d’eux ce qu’il y a de plus spontané. Il faut être un peu chasseur pour s’adonner à  cette passion. Tout l’art consiste à  « attraper » et viser juste. Stéphane se glisse rapidement dans la foule, se poste devant son sujet sans se faire remarquer, prend la pose l’œil rivé à son appareil. Tout se passe le plus simplement du monde, l’attitude douce de Stéphane, le chapeau fixé sur la tête, un petit signe de la main et un sourire pour remercier son interlocuteur qui reste encore figé et surpris, et le tour est joué. L’appareil rappel le vieux Leika et contribue à désarmer le sujet car cette arme est inconnue…

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(Photo Bill Bramble)

Faire la même chose avec un petit appareil numérique, viser à bout de bras sans s’intéresser vraiment à la photo que l’on prend, c’est la photo volée du touriste moyen. C’est là le secret de la réussite de Stéphane, lui n’est pas un touriste mais un professionnel et la photo n’est jamais volée. Il sait y faire, il a le coup d’œil et la gâchette rapide. Il s’intéresse à son sujet, il le fait avec cœur en s’approchant proche de lui. Moi pour faire la même photo, je suis en short, je me cache derrière mes lunettes de soleil, j’ai un petit Nikon numérique de couleur orange, je prend de loin une photo pour ne pas déranger (ou être vu) et je regarde le soir si elle n’est pas floue…

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(Photo Bill Bramble)

L’appareil qu’utilise Stéphane est un Leica M Monochrom, l’unique numérique du marché qui ne sait faire que du noir et blanc. C’est un télémétrique, compact et discret, moins agressif pour la photo de rue que le reflex traditionnel. Stéphane n’utilise qu’un seul objectif de 35mm. Jamais de longue focale car elle isole le sujet de son élément, la rue. Il aime mettre beaucoup de repères dans ses images. Le 35mm est une focale courte qui l’oblige à être près du sujet. Il ne se cache jamais ! L’avantage de la focale unique est qu’elle permet aussi d’avoir une cohérence, en terme de perspectives, sur l’ensemble des photos.

Les photos étonnent et ne laissent pas indifférent… Le résultat est souvent surprenant, parfois dérangeant, mais les clichés sont de toute beauté. L’expression est souvent totale, le geste reste en suspend, l’attitude est vraie, l’ambiance est familière, le tableau est intime. Ce ne sont pas des portraits figés, ce sont des regards animés pris sur le vif qui expriment une multitude d’émotion : surprise, étonnement,  incrédulité… Il n’y a pas de spectaculaire dans les clichés, simplement l’expression de la vie de tous les jours. Les formes sont épurées et le cadre est soigné. « L’œil doit circuler librement sur la photo sans obstacles ». Jamais de superposition, l’arrière plan sert de cadre et met en valeur le sujet.

www.flickr.com/photos/steffell/

 

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