Vendredi 10 mai – Transatlantique retour, jour 7

Position : 34°58N 56°44.7W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 1093

7h00 – Nous avons reçu de nombreux sms ce matin, certains pour nous aider à comprendre l’origine du problème que nous rencontrons avec notre téléphone satellitaire, d’autres pour nous donner des nouvelles de nos familles, des petits messages de moins de 160 caractères mais qui font beaucoup de bien à lire.

Il semble que le problème d’émission et de réception d’emails ne vienne pas de notre téléphone mais d’Iridium lui-même qui est au courant, mais ils ne peuvent pas annoncer une date de remise en service pour le moment. Nous n’en savons pas plus…

7h30 – Nous mettons cap au 45° NE car le vent continue d’adonner te nous restons dans la zone des 1027 hPa. Sans fichier Gribs et sans autres infos météo, c’est amusant de naviguer au baromètre. Nous sommes dans des couloirs imaginaires de pressions atmosphérique et nous avançons en contrôlant le franchissement de chaque palier. Avec un anticyclone ce n’est pas bien compliqué car les vents sont réguliers et les couloirs assez larges. Dans le cas d’une dépression ce serait bien plus sportif car les couloirs sont bien plus resserrés et donc les vents sont plus forts (avec la mer qui va avec).

10h00 – Alléluia ! Notre connexion Iridium a été rétablie ; quatre jours passés sans pouvoir recevoir de mails, et donc sans les précieux fichiers Grib qui délivrent une météo détaillée… La communication ça a du bon tout de même, et c’est quand il n’y en a plus qu’on s’aperçoit combien cela nous manque.

12h00 – Il fait froid, en deux jours nous sommes passés de 26° à 21°.

15h30 – Nous croisons une bouée rouge en pleine mer, elle est fixe et semble être arrimée à quelque chose, oui mais à quoi ? Il y a 5000 mètres de fonds à cet endroit. Cette bouée est immatriculée « O 321047 ». Encore un mystère.

Par contre nous ne croisons aucun poisson. Les lignes n’ont eu aucune touche, nous n’avons pas vu un seul dauphin en sept jours, rien ! La mer semble désespérément vide.

19h00 – Nous avons eu nos amis les Cajou qui sont partis vers les Açores sur une route Est. Ils ont rencontré des conditions difficiles, jusqu’à 35nds avec une mer forte. Le moral n’a pas toujours été au plus haut. Maintenant ils font route directe au Nord pour éviter une grosse dépression et rejoindre au plus vite Flores. Par contre ils ont de la chance car ils rencontrent des baleines qui les accompagnent vers le Nord !

23h00 – Essentiel file dans la nuit noire. Ca fait sept jours depuis notre départ que nous naviguons sans lune. Drôle de sensation de se laisser glisser à 9nds dans les légers remous d’une mer plutôt calme, sans ne rien voir. Seules les étoiles nous accompagnent.

 

Jeudi 9 mai – Transatlantique retour, jour 6

Position : 32°15N 59°16.6W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 902

7h00 – Nous avons reçu plusieurs sms ce matin, deux des matelots d’Essentiel qui s’éclatent avec les amis chez eux à la maison (quel bonheur d’avoir de leurs nouvelles, ils me manquent), et un nous rappelant que le voilier Grain de Soleil était porté disparu le 24 avril. Sa balise ayant cessé d’émettre le 27 avril, une zone d’exploration a été définie et depuis les secours ont cessé leur recherche. La zone est au Sud-Ouest des Açores, nous en sommes encore loin.

8h00 – Aux dernières nouvelles l’anticyclone est à 590NM dans notre Nord-Est. La route va être longue car il va nous falloir le contourner par le Nord. Apparemment il se renforce sur sa partie Nord-Est, autrement dit à l’endroit où nous aimerions bien le couper pour raccourcir notre route… Nous risquons de rencontrer à cet endroit une bonne zone de calme.

10h00 – Mis en panne (nous affalons les voiles et laissons Essentiel dériver librement sur l’eau) pour contrôler d’où vient le bruit du vérin tribord. Bonne nouvelle, ce n’est que la rotule qui étant toute neuve couine et a besoin de quelques gouttes d’huile. Ouf ! Nous n’envisageons plus de faire escale aux Bermudes, nous reprenons notre route au Nord jusqu’à la latitude des Açores (38° N).

16h45 – L’anticyclone se renforce sur le Nord-Est. C’en est fini de la route linéaire Nord que nous faisons depuis cinq jours, suivant les conseils de notre routeur Dorian, nous mettons le cap à 30° vrai au NNE. D’une certaine manière, on se rapproche des Açores ! La navigation va se faire au baromètre car il nous faut faire une route plus à l’Est sans trop nous rapprocher du centre des hautes pressions de l’anticyclone. Celui-ci faisant 1034 hPa, nous devrons nous rapprocher doucement des 1030 sans jamais les dépasser. Si nous nous en rapprochons trop vite, nous orienterons notre route au Nord à nouveau.

21h15 – Un bateau de pèche (non identifié sans AIS !) fait doucement route sur nous ; le radar confirme une probable route de collision si aucun de nous ne change notre route. Comme nous avançons à la même vitesse, nous attendons qu’un petit mille nous sépare avant de virer de bord. De nuit c’est toujours plus impressionnant car on apprécie mal les distances et les intentions de l’autre. De plus les bateaux de pêche en manœuvre ont souvent des routes erratiques, avançant, faisant des ronds dans l’eau, virant de bord… Il vaut mieux les éviter car en plus ils risquent de trainer des filets dans lesquels on n’aimerait pas y laisser une hélice !

 

Mercredi 8 mai – Transatlantique retour, jour 5

Position : 29°54.7N 60°W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 734

9h00 – Ce matin j’ai fait de nombreux essais pour tenter de rétablir notre connexion Iridium. Notre téléphone satellitaire ne nous permet plus d’émettre ni de recevoir des emails.  J’ai découvert que le message d’erreur « No Carrier » signifiait une interruption de la connexion. J’ai fait un test avec le deuxième pc du bord, c’est le même problème. S’agit-il d’une défaillance du modem ?

9h30 – Nous recevons un sms de Dorian – notre routeur – qui nous recommande de faire une route plus au Nord si les conditions le permettent. L’anticyclone qui se déplace doucement vers le Sud-Est est actuellement centré au dessus de nous. Si nous faisons route trop au Nord-Est nous risquons de nous retrouver dans son centre avec pétole ou des vents contraires. Mais jusqu’où allons-nous devoir remonter ainsi ? C’est de la trigonométrie : nous parcourons les deux côtés d’un triangle rectangle (pour profiter des circulaires vents d’un anticyclone) alors que l’hypoténuse serait la route directe la plus logique (mais contre les vents de l’anticyclone).

11h00 – Le vent s’est calmé et je retire le premier ris mis dans la GV depuis hier. Nous passons de 5 à 7nds.

11h30 – Accélération du vent, nous filons maintenant à 9-10nds dans un ciel bleu azur.

12h00 – Au menu de ce midi : tomates à la provençale. Nous gérons les dernières réserves de frais car bientôt ce sera des boites.

18h00 – Le vérin tribord « couine »… Il s’agit du vérin hydraulique qui commande le safran de la coque tribord ; nous l’avons fait réviser et avons fait changer les joints juste avant de partir de St Martin. Or voici maintenant qu’il émet un son de grincement à chaque fois que le pilote l’actionne. J’ai ajouté de l’huile dans le réservoir, mais il fait déjà presque nuit et je n’ai pas envie de descendre dans la cale moteur à cette heure ci. Demain matin nous mettrons en panne (voiles affalées on arrête le bateau) et je ferai des tests de circulation du circuit d’huile, une bulle d’air doit bloquer quelque part.

20h00 – Nous décalons les quarts d’une heure pour que le début de soirée soit moins long : je commence le premier quart de 21h à 1h, Henri le second de 1h à 4h, et Louis termine de 4h à 7h.

 

Mardi 7 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 4

Position : 27°02.5N 60°35.4W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 557

0h00 – Notre Iridium ne nous permet plus d’envoyer ni de recevoir de mails… seuls les sms nous parviennent. Après de multiples tentatives nous obtenons un message d’erreur autant opaque qu’incompréhensible « No Carrier ». Un problème de numérotation incompréhensible car jusqu’à présent tout fonctionnait bien.

7h00 – La nuit était secouée : une mer agitée avec des vagues sèches et croisées de 2,5m et un vent force 6 de Est. Le baromètre est monté à 1018 hPa et nous confirme que nous atteignons le Sud de l’anticyclone.

8h00 – Pas de mail, pas de fichier météo, c’est un vrai souci. Nous avons cependant un routeur qui nous envoi des messages régulièrement par sms, il faut à tout prix que nous trouvions un moyen de lui dire qu’il continue même s’il na plus de nos nouvelles. Heureusement la balise Spot lui donne régulièrement notre position.

10h00 – Nous recevons un avis de réception d’email des Cajou dont l’objet est « help help help ». Frustration et inquiétude car nous ne pouvons réceptionner nos emails… Que se passe-t-il ? Ils sont à plus de 600NM au Nord-Est de notre position et fond route Est directe contre le vent et face à une forte mer.

12h00 – Déjeuner rapide à l’intérieur du carré. 6° pris au Nord et nous trouvons déjà une certaine fraîcheur de l’air (6° de latitude c’est 6×60 milles nautiques, soit un peu plus de 109km).

14h00 – Je parviens à établir un contact téléphonique avec Béa qui me rassure après avoir consulté notre boîte email : les Cajou vont bien mais font route directe sur Madère car les conditions sont trop difficiles pour rejoindre les Açores.

21h00 – La mer s’est un peu calmée, nous filons dans la nuit noire mais étoilée, le baromètre est monté à 1022 hPa.

 

Lundi 6 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 3

Position : 24°08.6N 61°19.3W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 379

7h00 – Le vent a tourné Est à 7nds cette nuit. Nous mettons donc le code zéro, c’est un peu juste car nous faisons route à 40° du vent apparent qui passe à 10nds. Bien qu’au près nous tenons et Essentiel avance à 6nds ! Quelle voile merveilleuse ce code zéro, elle « fabrique » trois nœuds de vent apparent et nous lâchons les moteurs pour notre plus grand bonheur.

8h00 – Le baromètre affiche 1014hPa, nous entrons dans les hautes pressions de l’anticyclone que nous venions chercher. Depuis notre départ de St Martin nous avons fait route au Nord sur 270 milles nautiques, nous ressentons déjà une petite fraîcheur dans les températures, ô combien agréables !

13h00 – Une houle de 1m s’est levée, le vent est un peu monté et nous filons à plus de 8nds maintenant. Les conditions de navigations sont magnifiques. L’anticyclone est loin au dessus de nous et nous touchons son Sud pour le moment. Nous avons eu des nouvelles des CAJOU qui traversent depuis les Bermudes, ils dégustent au près serré appuyés au moteur. Ils sont à 800NM dans notre Nord-Est.

18h00 – Une grosse bande nuageuse apparait devant nous avec la pluie et le vent qui vont avec. Le code zéro est enroulé et nous prenons deux ris par sécurité. La mer s’est levée, Louis et Henri ne sont pas encore marinés : Mercalm pour tout le monde !

20h00 – C’est gagné, nous sommes dans du 25nds au près et la mer est bien agitée ! Pour le confort de l’équipage je prends un troisième ris (c’est rare !) et j’enroule le Solent à 50%. Malgré cela nous faisons un bon 7nds ! Au programme de ce soir une petite quiche faite lorsque ça ne bougeait pas trop, et le sommeil du juste fera le reste.

 

Dimanche 5 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 2

Position : 21°41.2N 61°49.8W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 229

7h00 – Louis est à la barre et nous faisons toujours une route à 20° vers le Nord au moteur. La stratégie est de ne pas trop faire d’Est et de remonter le plus vite possible pour se sortir de ce trou sans vent. Nous ne récupérerons pas les vents de l’anticyclone avant demain dans le meilleur des cas. Il fait chaud, la mer est calme, la journée va être longue.

11h00 – Maudites algues des Sargasses… Chaque fois que nous mettons les lignes de pêche, nous les remontons dix minutes après pour retirer ces algues qui trainent tout le long de notre chemin et qui ont l’extraordinaire propriété de s’accrocher en grappe aux hameçons. Ces petites branches de grappes brunes flottent à la surface et recouvrent l’océan. Lors de notre transat aller nous avions même croisé des plaques entières de plusieurs mètres carrés ! Ces algues ont-elles toujours existé ? Est-ce la faute au réchauffement climatique ? Je n’ai pas la réponse.

12h00 – Je me souviens des écrits des anciens qui racontent combien l’océan est riche en poissons. Tous relatent des bancs de thons ou des dorades suivant dans le sillage, parfois même ils en décrochent un au harpon… Où sont ces poissons ? Nous, nous pêchons de algues…

13h20 – Nous avons attaqué le jambon à l’os, quel délice ! C’est une denrée rare sur un bateau. (Merci Louis !)

15h20 – Ce matin nous avions un vent force 2 de secteur Sud-Sud Est, maintenant nous avons un petit force 1 qui tourne dans tous les sens… autrement dit pétole !! Louis et Henri ont fait leur première montée de grand’voile, 75m2 à bout de bras, bravo les vieux crabes ! (ils s’appellent eux-mêmes ainsi). Appuyés au moteur nous tentons de créer un petit vent apparent.

21h20 – Nous croisons un paquebot qui fait route inverse, le bâtiment glisse dans la nuit et nous rappelle que même au milieu de nulle part il faut rester vigilant.

23h00 – Essentiel avance sur une mer d’huile dans une brume noire, c’est une nuit sans lune mais on n’aperçoit même pas les étoiles.

 

Samedi 4 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 1

Position en 24h : 19°41.5N 62°28.5W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 104

0h15 – Départ de St Martin. Nous souhaitions partir vendredi dans la soirée mais la superstition marine nous a rattrapé : on ne part pas un vendredi ! Pourquoi, je n’en sais rien, mais si on dit que ça porte malheur alors inutile d’aller gratter le dos de Neptune un vendredi, ça se passe de commentaire lorsqu’on a  2500 milles nautiques à parcourir sur une belle courbe vers les Açores… La courbe sera certainement elliptique car nous prévoyons de suivre les vents d’un anticyclone qui va passer sur notre route. La stratégie est donc simple : faire du Nord, puis du Nord-Est dès que c’est possible. Le départ se fait au moteur car il y a pétole.

4h30 – J’ouvre un œil pour surveiller de mon hublot que tout se passe bien et je constate que l’on se traine alors que nous avançons au moteur. Il n’y a pas un souffle de vent et le speedo affiche 3nds et ça n’a pas l’air d’inquiéter notre coéquipier Henri (c’est normal il faut qu’il prenne ses marques). Un rapide coup d’œil et j’aperçois une bouée de casier que l’on traine sur tribord… !#%*^ §# !!

4h45 – Il me faut un bon quart d’heure pour me sortir de mon demi sommeil et me décider à me mettre à l’eau dans la nuit noire. Je lance un bout attaché à un pare-battage, fil d’Ariane peu utile car il n’y a ni vent, ni vague, ni courant. Mais que la mer est noire ! Louis et Henri m’éclairent le côté de la coque afin que j’y vois quelque chose ; au fond de moi j’espère que ces lumières ne vont pas attirer des créatures étranges… Je refoule mes cauchemars d’enfant et je m’arme d’un couteau pour sectionner le filin que l’on traine avec Dieu seul sait quoi au bout. L’opération prendra moins de cinq minutes et je remonte d’un bond sur la jupe arrière. Heureusement que nous ne sommes pas partis un vendredi !

7h00 – Je coupe le moteur et j’envoie le code zéro (la voile magique d’Essentiel !). Nous faisons un 4,5 nœuds honorable dans un petit vent arrière S-SW. C’est toujours mieux qu’au moteur.

9h00 – Le mer est belle, calme et douce. Je retrouve les sensations éprouvées lors de notre première transat aller, celles qui éveillent mes sens : la beauté de l’immensité du bleu, le vent qui glisse sur la peau, l’air pur et frais, le doux bruissement du bateau qui glisse en liberté, le réconfort du thé du petit matin à la sortie d’un quart.

10h30 – Les poissons volants sautent au tour de nous, y a t’il des prédateurs dans le coin ? Nous mettons les cannes à pêche en place.

16h00 – Le ciel se couvre d’Altocumulus ondolatus aux formes de rouleaux blancs et gris ; ils seront bientôt recouverts par des Stratocumulus aux aspects de larges dalles. Pas de changement du vent qui continue de souffler force 3 S-SW.

18h40 – Avec si peu de vent on essaye un peu de tout : ce qui marche le mieux c’est le code zéro et le Solent en ciseaux.

 

Carnet de Bord de Béa : Dernière escale !

Comme les bonnes choses ont toutes une fin il nous a fallu à regret quitter les îles vierges où notre vie communautaire avec les autres bateaux se déroulait tranquillement rythmée par le bricolage, le CNED, les activités nautiques et les sacro-saints apéros et BBQ sur la plage. Le temps s’est arrêté pendant quelques jours mais les discussions des uns et des autres tournent quand même beaucoup autour du retour.

L’année dernière nous étions les témoins des premiers retours de la promo 2011/2012 comme on les appelle, aujourd’hui c’est nous qui arrivons au terme de notre aventure. Comme à chaque fois que l’on quitte des équipages nous pensons que ce sont les derniers, que nous ne rencontrerons plus d’autres amis aussi sympa. Et bien grave erreur, c’est chaque fois une bonne surprise qui nous attend. Les contacts se font simplement et naturellement sans faux semblant, échange de bons tuyaux et d’expérience, il faut avouer que sur nos bateaux on est très exposé, pas de portail ou d’interphone, pas besoin d’appeler avant pour passer, un petit « toc toc » sur la coque suffit. Bien évidemment un minimum de savoir vivre nous fera éviter les visites intempestives avant 8h le matin ou pendant la sieste!

C’est donc avec les Kapuera, Andanza, Ti’plouf et Varatraz2 que nous profitons des lieux magiques des BVI. Nous sommes tous d’accord sur un point, du statut « bateau copain » nous savons que nous passerons au statut « copains tout court » car qui mieux que nous tous pourraient supporter des soirées entières les conversations sans fin de nos épopées de voileux ! Nous sommes tous bien conscients que nous ne pourrons pas faire vivre une telle épreuve à nos copains de terre qui risquent de nous fuir très vite si on ne passe pas à autre chose!

C’est donc décidé, afin d’assouvir notre soif de « moments nostalgie » il nous faut déjà caler quelques RV tous ensemble : 30 septembre au salon nautique de la Rochelle, début décembre salon nautique de Paris, plus toutes les fêtes organisées les uns chez les autres aux quatre coins de l’hexagone, c’est un sacré programme qui nous attend. Nous pensons même sérieusement à copier nos amis Kervan qui ont prévu un tour de France « bateaux copains » au retour !

En près de deux ans la carte s’est bien remplie, avec en plus tous ceux que l’on sera tentés d’aller rejoindre bien plus loin dans le Pacifique, qui sait ?…

 

Les moussaillons promus au grade de matelots !

P1010656P1010662Les moussaillons, Eliot et Loïg ont fait leur apprentissage de la navigation dès leur départ de la Grande-Motte en septembre 2011. Je me souviens c’était le 10 septembre précisément, et nous quittions le port avec deux enfants âgés de presque 12 ans en tenue de parfait marin : gants et gilets de sauvetages prêts à affronter les océans. On sourit en y repensant… Car même si les règles de sécurité sont respectées à bord d’Essentiel, les gilets de sauvetages ne sont maintenant réservés que pour le gros temps ou pour les navigations de nuit.

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Dès le départ nous avions établi les règles et surtout réparti les responsabilités : Loïg serait le moussaillon responsable de la coque bâbord et Eliot de la coque tribord. Ainsi il était simple de savoir qui n’avait pas fermé tel ou tel hublot, ou de rappeler à l’ordre celui qui n’avait pas fait ses galettes (bouts proprement enroulés sur le pont). Il est bien pratique finalement sur un catamaran d’avoir une paire de jumeaux ! Le vis a été poussé un peu plus loin lorsqu’il s’agissait de nettoyer les coques, même si le Cap’tain y participait largement. A l’arrivée au port lorsqu’il fallait sortir les haussières des deux pointes avant, lors de la mise en place des pare-battage de part et d’autre des deux coques, en remontant l’annexe à l’aide des deux palans… l’un à bâbord, l’autre à tribord ; à chacun sa place, à chacun son rôle !

IMG_1922C’est ainsi que les moussaillons ont fait leur apprentissage de la voile à bord d’un catamaran de 45 pieds. Quel bonheur ça a été de les voir évoluer tout au long du voyage, quelle étonnante capacité d’adaptation (même lorsqu’il s’agissait de travailler leurs cours du CNED par tous les temps !), quelle joie ça a été de les voir s’épanouir à travers la mer… Il m’a donc parut normal, à la veille de leur départ en avion pour la France, de leur faire passer un petit test pour les promouvoir au grade supérieur de matelots. Je me suis donc plongé dans le petit guide du parfait équipier et dans ma bible rouge des Glénans pour leur concocter le petit test pratique que voici : Test de matelots

C’est donc avec l’admiration d’un père et la fierté d’un capitaine que je les ai promu au grade de MATELOTS !

 

Nos Photos / 20 Avril 2013 L’îlet Pinel, St Martin