La Cap Vert, les Barlaventos (îles au vent)

Le Cap Vert – Les îles au vent

Une fois quitté Dakar, nous avons rejoint les îles du Cap Vert, ultime étape avant la traversée de l’Atlantique pour rejoindre les Antilles.

L’archipel du cap Vert est composé de dix grandes îles et quatre petites, formant deux groupes : les Barlaventos (îles au vent) et les Sotaventos (îles sous le vent). Neuf d’entres elles sont habitées. Nous
visiterons une partie des Barlaventos en choisissant une route au Nord, en rejoignant l’île de Sal en premier lieu (la plus proche de Dakar à 63MN) où nous pouvons y faire nos formalités d’entrée.

Notre parcours : Sal à 37MN à Boa Vista à 91MN à Sao Nicolau à 45MN à Sao Vicente à 8MN à Santo Antao

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’île de Sal

Nous avons fait les formalités d’entrée au port de Palmeira, mouillant l’ancre dans la baie en face du petit village de pêcheur (16° 45,2N 22° 58,8W), typique et authentique, mais avoisinant les énormes infrastructures Shell. Dommage que ces multinationales éprouvent le besoin d’exposer leur logo en bord de mer… Le port de Palmeira est très petit et il n’y a pas grand-chose à y faire. Nous pensions y trouver une folle ambiance, musique capverdienne dans les rues, habitants hauts en couleur, dansant et chantant. Il n’en est rien. Nous laisserons ce cliché de côté.

Une fois les passeports visés, nous levons l’ancre avec nos acolytes les Gargalou (Outremer 55) pour rejoindre la longue plage de Santa Maria au Sud de l’île (16° 35,7N 22° 54,4W). Le Routard mentionne « à Sal, séjour à Santa Maria, agréable village de pêcheurs ». La plage est très belle et le village est effectivement agréable. Les infrastructures touristiques qui se développent tout autour et l’activité nocturne donnent de la vie au village.
Les restaurants en bord de plage, les petits bars dans la rue principale, la petite place animée, les pêcheurs qui livrent leur poisson au ponton : nous y passons quelques jours et profitons du rythme capverdien « No Stress ! ».

A part ça, l’île en elle-même ne semble pas d’un grand intérêt. La plus grande partie de l’île est plate et peu élevée avec quelques collines. L’île est pauvre, c’est portant l’une des plus développée de l’archipel, avec un aéroport international et près de 10 000 habitants. Mais c’est aussi selon le guide Imray la moins attrayante.

Boa Vista

Boa Vista est l’île la plus à l’Est du Cap Vert. C’est l’une des îles les moins développées avec seulement 4 000 habitants. L’île est plate, et balayée par le vent. En pénétrant dans l’île on y trouve des cocotiers et des palmiers, des oasis de dattiers, d’immenses dunes et même au centre un désert au sable blanc et fin appelé « désert de Viana ». Elle est décrite comme « un petit morceau de Sahara à la dérive sur l’océan Atlantique ».

Nous avons mouillé Essentiel en face du port de Sal Rei (16° 09,9N 22° 55,1W), juste derrière l’île du même nom. Sal Rei est une ancienne petite cité coloniale avec une grande place centrale. En face du mouillage, une jolie plage de sable blanc, et sur la droite d’étonnantes dunes de sable de 5m de haut desquelles se sont jetés les enfants avec joie.

Comme Sal, Boa Vista est encore sauvage, sans véritable trace de pollution, à l’exception des côtes Nord-Est, sous le vent, exposées aux nombreux rejets de plastiques venant du continent africain. L’île est belle et sauvage, il ne faut pas hésiter à prendre un « Aluguer » (voiture avec chauffeur à louer) pour en faire le tour. Nous sommes allés visiter les villages de João Galego et de Fundo das Figueiras, deux villages proches de la côte Est hauts en couleur. Les ruelles sont fleuries, et le temps s’est arrêté sur des les habitants qui vivent encore comme il y a cinquante ans. A voir absolument.

 

São Nicolau

De Boa Vista, nous avons fait route vers l’Ouest : 91 milles nautiques vers São Nicolau nous rapprochant un peu plus de la dernière limite avant la traversée de l’Atlantique !

São Nicolau est très montagneuse, culminant à 1 304m au Monte Gordo. Elle est donc plus humide et plus riche que ses deux sœurs à l’Est de l’archipel. On y cultive des fruits, des légumes et la canne à sucre. Les falaises sont escarpées, la côte est magnifique et les plages sont faites de sable noir.

Nous avons mouillé près du port de Tarrafal (16° 34,3N 24° 21,8W), en face d’un spectaculaire canyon creusé dans les falaises surplombant le mouillage. Heureusement que la tenue des fonds est bonne, car les vallées
étroites peuvent canaliser de violentes rafales.

São Nicolau avec son caractère volcanique et ses profondes vallées nous rappellent un peu l’île de La Réunion. A Tarrafal il y a un petit port de pêche très animé : le poisson est livré et découpé à même le quai, on ne peut faire plus frais ! On y trouve des espèces très recherchées comme le marlin bleu. Proche du quai, il y a un petit marché couvert où l’on peut acheter des fruits et des légumes, dans la limite de la richesse du pays, c’est-à-dire bananes, mangues (en saison), papayes, courges, quelques pommes de terre, et des tomates si l’on est chanceux.

Lassés du sable noir, nous avons voulu visiter la Baixo Rocha « la plage la plus belle du Cap Vert » selon certains guides. La plage la plus belle du Cap Vert… une aubaine, il faut absolument y aller, fouler de nos pieds la sable blanc et fin, plonger dans cette eau claire et turquoise qui la borde, quel bonheur… si seulement nous avions pu nous y rendre car la route s’est effondrée et même un 4×4 ne peut franchir l’obstacle ! Nous retournons donc au bateau pour découvrir qu’un pêcheur tente d’attraper au pied du bateau un requin… Dire que deux jours avant Eliot et Loïg faisaient leur initiation de planche à voile entre les bateaux au mouillage…

 

São Vicente

Nous quittons Tarrafal pour prolonger vers le Nord Ouest, afin d’atteindre São Vicente et mouiller dans la célèbre baie de Mindelo (16° 52,9N 24° 59,7W), célèbre car c’est le dernier stop avant la traversée de l’Atlantique. En arrivant nous croisons des voiliers qui eux partent pour le grand saut. Derrière la pointe de Machado à l’Ouest de l’île, c’est le grand départ. Nous pensons à eux avec un pincement eu cœur…

Le guide Le Petit Futé décrit la baie de Mindelo comme « faisant partie des plus belles baies du monde, au même titre que la baie d’Along au Vietnam ». C’est tout simplement n’importe quoi, comme quoi ; il y a des ferries, des épaves à moiti coulées, des bateaux chinois à l’abandon, une raffinerie, bref pas de quoi s’extasier. Comme quoi il ne faut pas se contenter d’un seul guide lorsque l’on visite.

São Vicente est une île très aride dominée par un relief montagneux. L’approvisionnement en eau est critique, l’eau  douce provient d’une usine de dessalement de l’eau de mer.

Culturelle et cosmopolite, São Vicente est la deuxième île de l’archipel par sa population. A la fin du XIXe siècle, Mindelo était réputée pour ses bordels fleurissants et les marins du monde entier y passaient avant de traverser, laissant une descendance métissée. Mindelo est animée, on y trouve des bars, des restaurants et des clubs pour y faire la fête. C’est une ville d’art, les peintres, les chanteurs, les musiciens, les chanteurs donnent à l’île une saveur particulière et unique. Ici est née Cesaria Evora, la « Diva aux pieds nus ». Il faut flâner dans les rues, voir les maisons coloniales aux façades colorées, s’arrêter sur un banc de la petite place centrale près de l’église où l’on trouve de l’internet gratuit, pousser la porte des nombreuses petites quincailleries où l’on trouve de tout (et surtout n’importe quoi), visiter les galeries  de peinture sur l’avenue Marginal qui longe la mer, s’arrêter écouter de la musique dans le Clubo Nautico en face de la marina, ambiance garantie !

Juste à côté du marché aux légumes, sur l’avenue Marginal,  juste à côté d’un bâtiment qui est la reproduction de la tour de Belem de Lisbonne, il y a le marché aux poissons : à voir absolument !

 

Visite de l’île de Santa Antão

La visite de cette île est tout à fait exceptionnelle : c’est à faire absolument ! Au départ du port de Mindelo, une navette part à 8h le matin et revient à 17h chaque soir. Il est donc très facile de prévoir une excursion sur l’île que sera des plus dépaysantes.

Santa Antão est sans doute la plus belle des îles du Cap Vert, avec ses paysages de montagnes imposantes, ses profondes vallées spectaculaires et ses forêts de pins, d’eucalyptus et de cyprès. Les excursions sont à recommander ; un véritable enchantement malgré une température un peu fraîche, surtout en altitude.

Des randonnées sont proposées sur plusieurs jours. Malheureusement par manque de temps, nous avons opté pour la visite ‘rapide’ en Aluguer. Nous sommes remontés vers le nord, de l’autre côté de l’île, par une route pavée tortueuse construite à la main pierre par pierre à travers la montagne… extraordinaire. On surnomme cette route ‘l’Estra Corda’, la route de la corde, car elle traverse l’île telle une corde jetée dans la nature, passant dans la montagne à plus de 1000m d’altitude. Cette route serpente au-dessus des précipices impressionnants. De nombreuses maisons de pierres ont été construites accrochées aux flans des montagnes, on se demande comment.

Puis de l’autre côté de l’île, après être passés par Ribeira Grande, nous avons poussé jusqu’à Ponta Do Sol, un charmant village aux maisons colorées de vert, de bleu et de rose. Le petit – très petit- port de pèche accueil une quinzaine de barques en bois qui ramènent le poisson fraichement péché directement pesé et vendu, un régal pour les yeux.

Enfin nous sommes retournés vers Ribeira de Paùl (prononcer « Paoul »), une des vallées luxuriante, riche en plantations de canne à sucre, de café et bananiers. Un stop pour visiter une fabrique de rhum, distillerie à l’ancienne avec un pressoir actionné par des bœufs… à voir et à gouter !

De retour à Porto Novo pour prendre le ferry pour retourner à Mindelo, nous regrettions déjà de n’y être pas restés une ou deux journées de plus pour approfondir cette incroyable découverte.

 

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