Histoire de récifs (parc des Caicos)

La navigation à l’intérieur du parc des Caicos est magnifique : 50 milles nautiques (90km) dans une eau turquoise à moins de 4m de fond… au début on n’est pas très à l’aise mais ensuite on s’y fait car il n’y a que du sable. Quoique hier soir nous nous sommes faits peur en arrivant sur un plateau à 1m de fond… heureusement qu’Essentiel a un tirant d’eau de 0,8m.

Hier nous naviguions vers la partie Ouest des Caicos pour rejoindre la petite île de French Cay (21° 30N, 72° 12W) située dans une zone où les fonds sont peu profonds (3-2,5m) C’est à l’abri de cette réserve naturelle que nous avions décidé de passer la nuit, en solitaires.

Nous n’avons pas de carte détaillée de cet endroit (carte papier). Si le détail des fonds et les contours de l’île sont reproduits assez précisément sur la cartographie électronique Navionix, l’approche est très imprécise et dangereuse. Cela faisait plus de deux heures que nous glissions sur des fonds de quatre mètres sablonneux si bien que nous nous sommes laissés « endormir » un peu par la monotonie de la navigation. Le soleil de face nous masquait les changements de couleurs des fonds, révélateurs d’éventuels obstacles. Deux épaves sont indiquées comme jouxtant l’île, nous nous dirigeons vers l’une d’entre elle, apercevant derrière la petite île (trop petite) et le soleil qui fait briller la surface de l’eau. Essentiel glisse à plus de six nœud sous Code Zéro (gennaker) et nous faisons quelques photos à l’approche de cette impressionnante épave. J’envisage même de mouiller à côté pour aller plonger autour de l’épave car dans moins de trois mètres de fonds ce doit être magnifique. Sauf qu’une fois l’épave dépassée, les fonds montent, et très vite car Essentiel file : 3m, 2,5m, 2m, 1,5m… J’affale en urgence le Code Zéro, heureusement je n’ai pas besoin d’abattre car nous sommes déjà au très grand largue. Je mets la barre à tribord afin de m’écarter du soleil et mieux voir les fonds et j’allume les moteurs. Le sondeur indique maintenant  1,00 et continue de descendre… Le tirant d’eau théorique de l’Outremer 45 est à 60cm (80cm en fonction de sa charge) et je passe sur du 0,80… quelques centimètres en dessous et nous risquons de nous planter dans les fonds qui heureusement sont très sablonneux, mais il y a quelques coraux tout de même.

Nous nous en sortirons en talonnant un peux un banc d’algues, avec beaucoup de chance car s’il y avait eu des fonds coralliens à cet endroit… Au mouillage une petite plongée dans l’eau turquoise me permet de constater qu’il n’y a aucun dégât, même pas une petite égratignure sur l’antifouling tout neuf.

C’est juré, je ne naviguerai plus face au soleil dans des hauts fonds, et c’est une bonne leçon pour les Bahamas qui sont à venir.

PS : conjonction d’un ensemble de petites choses qui nous ont amenées vers ces récifs :

–          MANQUE : Nous n’avions pas de cartographie d’approche.

–          ROUTINE : La routine de surveillance des fonds toujours identiques a « endormi » notre vigilance.

–          DISTRACTION : Une séance photo qui détourne l’attention.

–          VISIBILITE : Le soleil de face ne permettait pas de voir les fonds.

–          PERCEPTION : Convaincus que l’épave aperçue était celle près de l’île, elle était en réalité à 1,58MN, l’épave ne figure sur aucune carte.

–          REPERES : Nous apercevions un petit bout d’île que nous pensions toute proche et qui en réalité était bien plus loin, mauvais repères sur le plan d’eau.

–          FAUTE : Le manque de vigilance du capitaine

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