Grenade, un endroit pour passer la saison des cyclones en famille ?

Cela fait plus d’une semaine que nous avons quitté la Martinique pour rejoindre Grenade, une navigation qui s’est faite d’une traite en 23h sous une pluie battante.

Depuis notre arrivée à St George’s, petite capitale de 20 000 habitants, le temps est gris et il pleut. On a beau être surpris, les « on n’a jamais vu ça ! » pleuvent eux aussi.

Sous le gris, tout parait morose. Le petit port de pèche de St George, la succession de petites rues escarpées au flanc des collines, les quelques petites maisons colorées, les ruines de l’ancienne York House (bâtiment de 1801 dévasté par le cyclone Yvan de 2004), le marché aux légumes… il ne fait pas beau et la gaité du soleil manque au tableau.

A St George’s nous découvrons quand même quelques perles comme l’étonnant « Sendall Tunnel », petit tunnel blanc construit par les français au XVIIIe siècle, et la très belle église anglicane qui surplombe la ville. Nous découvrons aussi l’étonnant piège à touriste : un immense mall construit en bas de la ville au bout d’un long quai qui accueil régulièrement les bateaux de croisières gigantesques. Une rotation régulière de ces géants déverse quelques milliers de « Cocoon » anglais et américains qui se précipitent dans les boutiques climatisées du grand mall pour consommer des produits détaxés ; ambiance d’aéroport, produits touristiques sans intérêt, et prix exorbitants…

Lorsque nous sommes arrivés à Grenade, nous voulions découvrir l’île dans laquelle nous allions peut-être nous mettre à l’abri pendant la saison des cyclones qui dure quatre mois : de juillet à octobre. Grenade est considérée comme un abri à cyclones car ceux-ci passent majoritairement au large du Nord de l’île pour terminer leur route en Floride. A l’exception du cyclone Yvan qui dévasta l’île en septembre 2004, Grenade est donc considérée comme sûre et même recommandée par les assureurs.

Le Sud de l’île une côte découpée par de véritables fjords qui offrent le plus grand nombre de mouillages plus ou moins sauvages et d’abris anticyclones des Antilles, le tout sur moins de six milles nautiques. La plupart des criques ne sont pas trop fréquentées. Les passes sont souvent agitées et l’accès est recommandé de jour car les reefs sont présents un peu partout, souvent balisés par de petites balises. L’endroit semble être parfait pour s’abriter… mais peut-on y passer quatre mois ? That is the question !

Un rapide tour d’horizon sur les quelques baies visitées (Mt Hartman Bay, Prickly Bay, Clarke’s Court Bay, Egmont Point) montre un paysage plutôt triste : de nombreux bateaux sont au mouillage, des équipages plutôt âgés, de vieux loups de mer fatigués, peu d’ambiance le soir dans les chaumières… et en fond de décor quelques épaves scotchées par Yvan en 2004 sur le rivage rappelle que rien n’est jamais sûr à 100%

Avant de prendre une décision définitive, nous avons voulu visiter « La belle et fertile Grenade », car cette « île aux épices » recèle certainement de trésors, si l’on veut bien se donner la peine de les découvrir.

La location d’un véhicule sur l’île se fait sous condition d’acheter un permis de conduire temporaire d’une quinzaine d’euros, pourquoi pas. Nous voilà partis avec nos amis du catamaran « Sonadio Cat » le long des routes sinueuses, à travers une luxuriante forêt tropicale, le long de côtes escarpées, traversant des villages pauvres et colorés, longeant de nombreux champs mal entretenus… mais où sommes nous ? On se croirait à St Vincent, ou bien à Sainte Lucie, mais ça ressemble aussi à Tarrafal (Cap Vert). Seule différence, les nombreuses villégiatures de luxe des anglais (quoiqu’au Sud de St Vincent il y a aussi). Bref nous sommes dans une île des Antilles : économiquement pauvre mais luxuriante, au tourisme peu développé mais aux habitants peu avenants.

Alors sur initiative de La Seconde, après consultation de La Seconde et en accord avec La Seconde, nous ne passerons pas la période des cyclones à l’abri de Grenade car nous ne nous imaginons pas y passer quatre mois attachés dans la mangrove.

 

(6 commentaires)

Passer au formulaire de commentaire

    • Sandrine Depeau on 14 mars 2012 at 08:53
    • Répondre

    Hello les rouleurs!
    Alors Pluie qui fume en tombant dure longtemps?!
    Bein alors?! Pas de belles visites pour découvrir quelques ressources de l’Ile? pas de visite pour gouter le cacao et ses épices? pas de curiosités pour les plantations de muscaiers ou de cacaoyers? ou alors…. une petite distillerie de rhum à gouter? Bon 4 mois, en même temps c’est long! Alors bonne vadrouille!
    Bisous, bisous

    1. Mais oui nous avons fait la visite de l’île, sa chocolaterie (très sympa) et sa rhumerie délabrée qui ne fournit que Grenade d’ailleurs…
      Nous faisons en sorte d’essayer de découvrir les ressources de chaque île visitée !
      Bises à tous les trois de tous les quatre

    • de Magneval Luc on 15 mars 2012 at 15:16
    • Répondre

    Ah ! oui ?? Comme quoi entre l’idée qu’on se fait des lieux et la « dure » réalité…. A vous lire je ferais pareil. Pendant que j’y pense : un coin à éviter c’est « Colon » et son port extrêmement dangereux. Ne surtout pas y aller c’est vraiment pas fait pour une famille de gringos comme vous ! :o)

    1. Los Gringos à Colon ? On dirait une maladie du transit instestinal… 😉

    • Sandrine Depeau on 15 mars 2012 at 17:53
    • Répondre

    Hello!

    Et alors, il est passé où le message envoyé mercredi 14/03?
    Et Où êtes-vous?
    Bisous

    1. Nous sommes à Carriacou, perdus dans un endroit sans internet… mais c’est très beau !!!

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.