Fausses sécurités et vraies contraintes du voyage

La voile synonyme de liberté, d’affranchissement des servitudes quotidiennes ? Pas faux, mais la réalité nous rattrape souvent car à moins de vivre comme un hermite, nous restons attachés au monde de la communication, des finances et des règles administratives qui nous entourent.

CombinéNe plus avoir de téléphone portable ni de montre, pour nous qui avions une profession rythmée par les rendez-vous et le temps qui passe trop vite, c’est un rêve ! On se sent libre, on se lève quand on veut, on ne se presse plus, seule la météo nous impose d’aller ici où là. Mais voilà… le reste du monde vit toujours à l’heure du cellulaire et du chronomètre ! Sans téléphone impossible de remplir toutes les cases des formulaires administratifs (qui ont souvent horreur du vide). Les agents de l’administration nous regardent avec suspicion lorsqu’on explique que nous n’en avons plus. Il en va de même pour les formulaires remplis sur internet qui imposent souvent de renseigner la case « tél mobile » sous faute de se voir refuser toute inscription… Récemment nous n’avons pas pu acheter un billet d’avion car la procédure de paiement sécurisée nécessitait l’envoi d’un code de confirmation via sms. Or pas de téléphone mobile, donc de sms…

FrustrationIl nous est arrivé une autre mésaventure liée aux procédures de sécurités que nous inventent les banques : nos deux cartes bancaires ont été bloquées suites à nos retraits dans des pays dits « à risques ». Après être passés successivement à Cuba, en Jamaïque, à Haïti puis en République Dominicaine, nous nous sommes vus refuser nos paiements sans autre explication. Après renseignements pris auprès du LCL, on nous informe que « des paiements ou retraits ont été effectués dans des points de compromissions c’est à dire des endroits objets de fraudes ».  Autrement dit, puisque vous voyagez hors des sentiers battus, par sécurité nous vous bloquons vos moyens de paiement… Mesure de sécurité pour qui ? Nous ou la banque ? Inutile de préciser qu’il est quasiment impossible de se faire envoyer de nouvelles cartes dans ces pays !

Cela nous a rappelé le blocage de nos comptes Gmail. Google a lui aussi mis en place une procédure coercitive permettant de contrôler que c’est bien vous qui consultez vos comptes à l’étranger et non de vilains petits malfrats. Ouvrez vos mails à Cuba, puis quelques jours après en Jamaïque, et vous verrez votre accès bloqué par Google « par Arghhhmesure de sécurité » pour cause de « connexions suspectes ». Comment le débloquer ? C’est très simple : Google vous envoie un code de confirmation sur votre téléphone portable afin que vous puissiez réactiver votre compte… mais nous n’avons pas de téléphone portable !!! Pas d’autre moyen ? Non. Débrouillez-vous avec la serveuse du bar local pour lui expliquer les procédures complexes de la multinationale Google et demandez-lui son numéro de portable…  (Une bonne façon de draguer ?)

Enfin, autre étape du parcours du combattant… La sacrosainte connexion internet, celle que tout navigateur recherche désespérément pour avoir ses mails ou bien pour pouvoir télécharger les derniers fichiers météo. C’est la quête du Graal, la recherche désespérée d’un réseau wifi « non sécurisé » relève du défi. Si au mouillage vous voyez plusieurs bateaux agglutinés en face d’un bar, c’est qu’il délivre du wifi en libre accès.

 

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.