Carnet de Bord de Béa : L’ICW (Intracoastal Waterway) entre Fort Lauderdale et Palm Beach (Floride)

Nous quittons Fort Lauderdale. Après trois semaines sédentaires ancrés à Lake Sylvia, nous voici en route pour remonter la cote Est des USA. Mine de rien la route est longue pour atteindre New York (1 115 miles nautiques) et nous devons y être dans trois semaines.
Histoire de ne pas aller trop vite (je plaisante) nous décidons de parcourir les 15 miles nautiques qui nous séparent de Palm Beach par l’intercoastal, une autre façon de naviguer et d’avoir le temps de gouter au paysage tranquillement, au moteur. C’est une navigation tranquille dans les canaux, à longer les richissimes propriétés et les luxueux yachts amarrés juste devant. Mais il nous faut quand même passer 21 ponts appelés ici « bascule bridges » et ce n’est pas une mince affaire : certains ouvrent à la demande, d’autres ouvrent toutes les heures et demi-heures, d’autres au quart et moins le quart… En tout cas il faut s’annoncer à chaque fois à la VHF car ceux-ci ne s’ouvrent pas systématiquement. On demande au gentil monsieur dans sa tour de bien vouloir nous indiquer l’heure d’ouverture en priant pour que ce soit rapide… Sinon, on fait des ronds dans l’eau en attendant patiemment… Quelques fous rires, surtout quand un des « gardes » du pont nous fait répéter trois fois le nom du bateau : « ES-SEN-TIEL » dis-je en épelant avec insistance, puis de guerre lasse « Essentiel » devient « Essential« , mais malgré tout il ne comprend pas… « Exanssiel » ? No ! « oh you mean essential, like something absolutely necessary ! »
« yeeessss, that’s it ! »
Du coup, pour éviter les dialogues de sourd, Essentiel est momentanément, et pour la bonne cause, rebaptisé à l’américaine… Petite pensée au copain bateau « La Françoise » qui doit s’amuser dans ce genre de conversation à la VHF… « La what ? »
Le paysage qui défile sous nos yeux, il est fidèle à l’idée que je me faisais de la Floride : des maisons de milliardaires, ici plus il y a de colonnes, plus on est riche. Les jardins sont tous tondus de près, les fauteuils et transat sont bien alignés entre les palmiers, mais il n’y a jamais personne à l’extérieur. Les piscines débordantes sont toutes éclairées le soir mais il n’y a jamais personne dedans. Pas un enfant dehors. Les portes restent clauses car ici c’est le règne de l’air conditionné, même les yachts amarrés en face au ponton sont en permanence sous clim… Il parait que la planète se réchauffe ? Pas aux US apparemment.
En remontant l’intracoastal on s’amuse, il faut dire qu’à 4 miles nautiques à l’heure (7km/h) on a le temps de commenter les architectures. Beaucoup ne sont pas à notre goût, c’est vraiment « too much », de vraies pièces montées… à croire que plus tu en rajoutes ici, plus ça doit impressionner le voisin.
Nous arrivons à Palm Beach en fin d’après midi et nous mouillons à West Palm Beach, en face de la marina prés de la ville. De l’autre côté, l’ile de Palm Beach est une concentration de maisons très luxueuses, lieu de villégiature des stars américaines. Au mouillage, allées et venues incessantes de vedettes à toute allure, toujours ce paradoxe où avec notre petite annexe on nous demande de naviguer au ralenti armés de nos gilets de sauvetages alors que des ados boutonneux se coursent en vedettes ou jet ski…
On quitte ce matin sans regret le mouillage pour reprendre la mer et parcourir les quelques 100 miles qui nous séparent de Cap Canaveral.

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