Carnet de Bord de Béa : Hello Miami !

Ça y est ! Arrivée magique dans Biscayne Bay, la grande baie de Miami, avec une vue spectaculaire sur la mégapole illuminée. L’excitation est à son comble à bord d’ESSENTIEL… Après 10 jours à jouer les Robinsons dans les Bahamas, nous prenons en pleine face le choc de la civilisation retrouvée. La carte postale cliché est complète : les gratte-ciels, les voitures, les sirènes, welcome to the USA ! Le lendemain matin, réveil matinal pour rejoindre un mouillage conseillé par des amis près de Miami Beach. Nous quittons Biscayne Bay et il faut contourner quelques ponts, trop bas car ESSENTIEL fait plus de 65 pieds. Nous devons donc faire le tour du port de Miami pour franchir un « bascule bridge » indiqué sur notre carte et rejoindre le mouillage juste derrière. Après une heure de tours et détours dans l’immense port de fret, nous arrivons devant le fameux pont à bascule qui est bien ouvert… mais juste devant un nouveau pont fraichement construit et limité à 65 pieds ! Comme il est très difficile d’estimer la hauteur d’un pont à vue d’œil, comme on a toujours l’impression que l’on passe, comme le Capt’ain est entêté, comme c’est très frustrant de devoir faire demi-tour si près du but, on approche ESSENTIEL tout doucement en scrutant la tête de mât et « damned ! » marche arrière toute, il n’y a que 63 pieds. ESSENTIEL ne passera pas, il manque plus d’un mètre ! Demi tour immédiat à moins de 50cm du tablier du pont et retour à la case départ. Tant pis, nous décidons de remonter 20 milles nautiques plus au Nord jusqu’à Fort Lauderdale, petite Venise de Floride où nous arrivons deux heures plus tard, après une nav au raz des côtes de Miami.
Là aussi, passage obligé d’un pont mais celui ci, après appel à la VHF, le gardien du pont s’amuse des photos que je fais et la tête de mât passe doucement devant les pare-chocs des grosses berlines américaines.
Nous découvrons les canaux qui sillonnent Fort Lauderdale, entourés de somptueuses demeures à l’américaine avec luxe et opulence à outrance : colonnes de Colysée, nombreux palmiers, immenses baies vitrées, couleurs pastels, drapeau américain fièrement planté devant… Nous arrivons au mouillage de « Lake Sylvia » que nous avait indiqué Charlene et José, natifs de Miami, rencontrés en République Dominicaine. ESSENTIEL est mouillé en plein centre du plus luxueux quartier à 5 minutes de la plage.
Au mouillage nous découvrons trois autres catamarans qui, oh surprise, arborent le pavillon français ! Personne à bord, nous ferons connaissance plus tard.
Il nous reste à faire le plus vite possible les formalités d’immigration au port Everglades, qui bien sûr (ce serait trop facile), se trouve à une bonne heure de marche, car aucun bus n’y va. Nous partons à la recherche du « custom office and immigration » munis de nos précieux visas et arpentons les longues avenues un peu déboussolés. À l’entrée à Port Everglades deux voitures de police avec marqué « Sheriff » en gros dessus stationnent et un policier nous indique qu’il nous faudra prendre un taxi pour continuer notre route car ici personne ne passe à pieds… A notre mine un peu déconfite, il faut dire qu’ici la chaleur nous accable, il nous propose gentiment de nous y emmener et une telle opportunité ne se refuse évidemment pas ! Nous voici donc « embarqués » à l’arrière d’un véhicule de police. Derrière la grille qui nous sépare du conducteur, ambiance film de série « B » garantie : pas de poignées aux portes arrières, barreaux aux fenêtre, on s’y croirait. Je vous laisse imaginer l’excitation des garçons !!! L’officier de police très sympathique nous demande d’où nous venons et n’en revient pas lorsqu’on lui annonce fièrement que l’on vient tout droit (enfin si je puis dire…) de France! Et….à la voile mon Cap’tain !
C’est comme ça qu’on arrive « chaudement » (il n’y a pas de clim à l’arrière pour les prisonniers) au bureau de l’immigration pour faire nos formalités. Notre entrée sur le territoire américain se fait en à peine dix minutes, les moussaillons discutent à l’aise dans un anglais approximatif avec des douaniers sympas et accueillants. Puis nous reprenons un taxi pour le chemin du retour et rentrons en annexe au bateau pour fêter notre arrivée dans un pub animé en face de Bahia Mar marina.
Nous sautons littéralement dans l’annexe, très motivés par l’idée de dévorer un bon hamburger XXL à l’américaine, Eliot nous conduit dans les canaux comme un chef, mais nous sommes très vite interpelés par la police locale qui nous demande, en vrac, où sont nos gilets de sauvetages, notre extincteur, nos lumières et nous informe sur un ton très sec que nous allons beaucoup trop vite… Arghhh … il fait le calcul de l’amende : $90 pour les gilets, $90 pour l’excès de vitesse, $90 pour l’extincteur, $90 pour les lumières et comble du comble, $90 parce que notre annexe n’est pas immatriculée ( !…) L’addition est lourde, on nous faisons notre mea culpa : « on est Français » (tu parles d’une excuse !), « on vient juste d’arriver »… Nous promettons de nous mettre en règle au plus vite et il nous laisse repartir. C’est quand même un peu bizarre cette obsession de la sécurité en annexe alors qu’aux USA les le port du casque n’est pas obligatoire pour les motos et scooters…
Ça ne nous empêchera pas de passer une chouette soirée et nous nous retrouvons dans ce pub face à d’immenses assiettes de frites et nos hamburgers XXL tant attendus, le tout arrosé de Coca Cola XXL pour les garçons et deux verres XXL de Chardonay pour les parents, un peu « sonnés », réalisant à quel point nous sommes loin de notre port de départ à la Grande Motte quittée neuf mois auparavant.
Je passerai une nuit blanche cette nuit là, mélange d’excitation et de chaleur étouffante, je commence la nuit allongée sur le trampoline avec Eliot, puis nous nous rapatrions vers deux heures du matin dans nos cabines. Le Cap’tain dort, lui, à poings fermés…
Le lendemain les trois catamarans français autour de nous s’animent et bonne nouvelle pour les garçons, il y a deux enfants à bord, deux jumeaux de neuf ans ! Nous faisons connaissance avec KAPUERA, BAYALE et LA FRANCOISE qui sont là depuis quelques semaines et nous donnent tous les bons plans du coin : où louer une voiture pas chère, où faire nos courses, où acheter des téléphones portables avec internet gratuit illimité, où laver le linge, où poser nos annexes dans cette ville où chaque cm de ponton est privé… bref de vrais guides de tourisme qui nous font gagner un temps considérable.
Comme ils sont motorisés, ils nous proposent gentiment de nous emmener au supermarché faire notre premier avitaillement, et entassés à huit dans la petite Chevrolet nous allons allègrement faire la connaissance du supermarché du coin. Arrivés au supermarché, Xavier le capitaine de KAPUERA s’aperçoit qu’il a oublié ses chaussures ! Qu’à cela ne tienne, il fera les courses pieds nus, trop cool !
Ici, opulence de nourriture, des travées entières de chips, le rayon viandes est impressionnant tant par le choix proposé que par la taille des morceaux (vive le bœuf aux hormones…), et on trouve plein de trucs culinaires bizarres, comme du beurre mou en bouteille, du riz aromatisé aux chips, ou des pommes conditionnées à l’unité sous plastique et, incroyable, aromatisées à la mangue, aux fruits de la passion, à la myrtille…
Nous repartons tous dans des annexes chargées à ras bord, un petit apéro (ça faisait longtemps) s’improvise sur ESSENTIEL pour les remercier de nous avoir emmenés, et les enfants se retrouvent entre copains devant un bon DVD au fond d’une cabine bien confortable.

 

(3 commentaires)

    • irène(HFR) on 20 juin 2012 at 22:34
    • Répondre

    Coucou Béa..
    je vous suit toujours, Miami j’ai adoré les Everglades avoir absolument et les Kays plus au Sud, mais vous avez du
    les faires en remontant sur Miami.Pour tes garçons le trucs touristiques à faire. le kennedycenter de la Nasa à voir ausssi.
    Bonne continuation
    Irène

    1. Chère Irène,
      J’ai perdu ton adresse mail mais heureusement ai trouvé ce commentaire! Je voulais te souhaiter une très bonne Année 2013, Santé avant tout mais aussi bonheur et réalisation de tous tes projets !!!
      On part sur Cuba ce matin et n’aurons pas de connexion internet la bas , mais on sera joignable sur le formulaire de contact de notre blog… A très bientôt ! Béa

  1. I hope you realise that the term used by the French « les Anglo-Saxons » is really incorrect and sloppy journalism and lazy political

    Rich

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.