Carnet de Bord de Béa : Bye bye Florida, hello Carolina !

C’est avec plaisir que nous quittons la Floride pour aller à la découverte de « petites » villes américaines à grandeur humaine et surtout  moins artificielles.

Comme chaque fois que nous restons longtemps au même endroit nous prenons plaisir à remettre les voiles et à retrouver l’océan ,et par-dessus tout, ce qui est absolument génial dans ce voyage c’est qu’on ne sait jamais ce que l’on va découvrir, l’aventure recommence à chaque fois, tout ça pour rassurer les gens qui pourraient penser qu’en voile on s’ennuie… Bon il faut tout de même avouer que si nous étions restés entre Grenade et Trinidad pendant quatre mois pour nous abriter des cyclones, mon état d’esprit serait sans nul doute très différent…

Pour l’active que je suis, la vie insulaire sous les tropiques commençait à m’ennuyer un peu. Oui je sais ce que vous pensez  tous, vous  amis terriens qui rêvez de soleil depuis plusieurs mois et qui donneriez beaucoup pour être dans les îles à vous prélasser dans les eaux turquoises. Mais l’être humain est ainsi fait, il lui faut du changement et c’est bien là ce que nous sommes venus chercher !

Notre première étape fut Charleston en Caroline du Sud. Une très belle découverte : petite ville avec maisons traditionnelles, jardins, marchés, petites terrasses de café, un choc pour nous qui sommes restés en Floride près d’un mois.

A Charleston les gratte-ciels sont interdits, nous nous promenons dans les rues du centres bordées de ravissantes maisons sudistes nettement moins ostentatoires que celles de Floride, aux couleurs pastel et aux devantures en bois. Ici on s’attend à croiser Scarlett O’hara à chaque coin de rue d’autant plus qu’ici les visites guidées se font en calèche. Nous trouvons enfin une ville aux accents européens  accessibles aux piétons, bref on est sous le charme…

ESSENTIEL est au mouillage à 10 minutes du centre ville, et en une journée nous sommes complètement acclimatés. Quel trolley prendre, quel musée visiter, où aller faire nos courses, où faire notre marché… Comme ici c’est la canicule nous faisons des stops toutes les demi-heures dans les magasins climatisés, et pour une fois le Cap’tain ne s’en plaint pas, j’ai même le luxe de pouvoir arpenter tous les rayons en prenant mon temps !

Après trois jours, nous faisons la visite du très beau musée de Charleston, le premier musée créé aux Etats-Unis . Divers d’objets « d’antiquité » sont exposés, rarement plus anciens que les souvenirs de la guerre de Sécession ( 1861-1865 !).

Nous repartons pour deux jours de nav, rythme confortable qui je dois l’avouer, me convient très bien…

Beaufort fut notre seconde étape. Le chenal nous amène dans un petit port de villégiature doté d’une seule rue commerçante bordée de petits restaurants sur des docks en bois. Nous mouillons juste devant au milieu d’une quinzaine de voiliers. Ici tout se fait à pied, enfin pour qui souhaite marcher, car à notre grand étonnement le seul moyen de transport public est un trolley qui parcourt inlassablement l’avenue principale aller-retour. C’est peut-être bien pour les touristes américains effrayés par une petite marche, mais pas très typique…

La petite ville de Beaufort est très chaleureuse et je m’octroie un petit café en terrasse vue sur ESSENTIEL. Pendant ce temps les enfants sont sur l’île d’en face où courent des chevaux sauvage, étonnante vision ! La serveuse me demande d’où je viens (difficile d’adopter l’accent local) et me gratifie d’un « My God ! » quand je lui explique notre parcours à la voile. Bien sûr elle me demande comme à chaque fois si nous venons de Paris ou de Nice qui semblent  être les deux seules destinations des Américains en France. Je savoure mon café-jus-de-chaussette-à-l’américaine ; j’ai depuis longtemps oublié le goût d’un bon Nespresso, mais bon l’option adoptée par nos amis du bateau « Bayalé » qui consiste à mettre le moteur pour faire fonctionner leur machine à café a rapidement été écartée par le Cap’tain !

Comme à chaque nouvelle étape il me faut trouver un lavomatique, et oui les contingences du quotidien nous suivent très loin, et c’est au General Store, petit magasin tout en bois à l’ancienne que dans l’arrière boutique je trouve de rutilantes machines à laver. Dans ce magasin climatisé on vous propose d’attendre tranquillement en mangeant une bonne glace maison, c’est bien la première fois que la corvée du linge se transforme en petit plaisir gustatif.

Au mouillage nous faisons la connaissance de l’équipage du sympathique catamaran « Full Monty », une famille américaine avec deux enfants  Justine 12 ans et Colin 10 ans, qui partent le lendemain pour démarrer un voyage de quatre ans autour du monde ( mais ils ne sont jusqu’alors jamais descendus au-delà de la Floride! ). Face à notre insistance, les garçons mettent le canoë à l’eau pour aller faire connaissance avec les camarades américains. Mais ils n’auront jamais mis autant de temps pour parcourir les 20 mètres à peine qui nous séparent… « on voulait préparer nos phrases en Anglais » nous répondent-ils ! A bord d’ESSENTIEL nous faisons tous connaissance, les timidités sont vite effacées , et c’est autour d’une partie de UNO que je les entends « discuter » les uns avec les autres, j’entends même des « don’t  cheat » prononcés « shit » par Eliot ce qui provoque de grands éclats de rire ! Will et Jenny remontent jusqu’à Boston , nous les recroiserons donc avec plaisir plus tard sur notre trajet.

 

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