Carnet de Bord de Béa : Beaufort, Caroline du Nord

On voulait changer de saison, marre des tropiques, de la chaleur, du sable blanc ,de l’eau claire et chaude, et des maillots de bain, on faisait les malins et bien ici dans la petite très petite ville de Beaufort ( bôôôfort comme ils disent ici) on est gâté!
Températures hivernales, plafond bas, eau marâtre, jeans et polaires sont de rigueur, réveil le matin à 8°, on l’a notre hiver!
Persuadés qu’après le cap Hatteras on retrouverait une douceur printanière et bien ce fut de courte durée, juste le temps de ranger les duvets et de les ressortir aussi vite le lendemain, on est scotché ici pour cause de gros vent.
On a bien essayé de trouver une marina où on pourrait brancher nos chauffages d’appoint comme à Norfolk mais les tarifs prohibitifs nous ont vite ramené à la réalité , 150$ la nuit (!) Plus l’électricité et bien tant pis ils se les garderont, non mais !!!!
Bien sur c’est maintenant qu’Essentiel choisit de ne plus nous délivrer d’eau chaude qu’on a eu bien sûr à profusion tous les mois passés dans les Antilles (et dont on n’avait cure à cette époque !), c’est donc grâce à la « chaleur » du four que nous survivons, je m’y serais bien enfourné toute entière hier soir.
C’est en annexe que nous partons tous les quatre à la marina d’en face qui, moyennant $2 par personne nous donne accès au luxe de douches bien chaudes (moyenne de temps à rester sous la douche 20 minutes au moins…) !
Bien évidemment le retour au bateau les cheveux mouillés m’aura été fatal et c’est enfournée sous ma couette toute habillée, frissonnante que je passerai la soirée (même pas le courage d’aller boire l’apéro avec le Cap´tain chez nos amis BLUE NOTE, c’est pour dire!) et la nuit espérant que l’aspirine m’évite la bonne grippe saisonnière !
Mais qui a dit que ce voyage ne serait que bonheur et rêve ??? Et bien le Cap’tain qui voilà maintenant deux ans me faisait rêver bien au chaud dans notre maison douillette de Dardilly avec chauffage à profusion confortablement installés un samedi soir dans notre canapé un verre de chablis à la main devant les vidéos d’Antoine ou les blogs des petits « chanceux » qui avaient fait le pas !!!!
« Mais tu verras, ce ne sera que du bonheur » me répétait il, « plus de servitude » il voulait dire j’imagine, fuir les servitudes quotidiennes pour en retrouver de nouvelles !
Le Cap’tain lui reste optimiste et zen (si si je vous assure !), et me promet tous les jours une météo printanière à Charleston mais on est encoooooore à 200 miles nautiques de ce pays d’Eden ! Et encore plus des Bahamas…
Ce matin énième ballade dans la « Main street » de la petite ville où les commerçants commencent à me reconnaître (ça fait deux jours que je passe et repasse dans les sept boutiques pour me réchauffer) avec qui je papote et qui m’apprennent qu’en dix ans ils n’ont jamais eu hiver si précoce (quelle chance !).
Bon voyons le côté positif, les moussaillons eux égaux à eux même ne se plaignent pas, ils avancent le CNED et ont plus d’un mois d’avance sur le programme, à ce train la je songe sérieusement à commander le programme de 3ème au CNED. Il faut dire qu’on leur fait miroiter depuis plusieurs semaines qu’ils vont bientôt pouvoir se baigner et retrouver leur wakeboard et qu’ils pourront avoir une semaine sans cours (que c’est beau d’être naïf!), cela dit au moment où j’écris ils sont au chaud chez nos amis les BLUE NOTE (qui eux ont le chauffage central…) à apprendre à jouer de la guitare avec leur copain Arthur de CAJOU. Essentiel sous les tropiques était souvent pris d’assaut par les enfants en ce moment il est déserté au profit des bateaux chauffés, pas fous les pépères !
Bon, une fois n’est pas coutume ce n’est pas ce petit billet d’humeur qui va vous faire rêver amis terriens mais c’est aussi vous qui, à maintes reprises, m’avaient demandé de parler de la face cachée de notre voyage, donc voila c’est chose faite ! Dans quelques semaines ce ne sera que du bleu à tous les étages…

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