Carnet de Bord de Béa : Arrivée aux Saintes et Noël en Guadeloupe

Après notre traversée de l’Atlantique, réveil aux Saintes!

Nous sommes un peu désorientés à notre réveil. ESSENTIEL mouillé dans la baie ne bouge plus et la vue du petit bourg au lever du soleil est un délice.

L’annexe est mise à l’eau et nous arrivons sur un petit ponton de bois au pied du village. Pieds à terre nous tanguons et faisons notre première halte dans un petit bar pour prendre un bon café et quelques croissants, quel luxe !

Je ne réalise pas que nous sommes enfin arrivés, je suis heureuse…

Le bourg est adorable, petites maisons créoles très colorées longent des petites rues animées, le temps semble s’être arrêté, les locaux et métropolitains se mélangent et nous nous promenons tranquillement, tout en revenant à la vie « urbaine ».

Arrivés à la place principale du village nous avons la surprise d’y trouver un marché de Noël… Ici sous 16° 15’ de latitude nord ! Les décorations sont de circonstance : un gros père Noël trône sur la place adossé à un sapin en plastique. Des mamas antillaises avec un chapeau rouge et blanc nous vendent des tourments d’amour (pâtisseries locales aux fruits) : c’est hallucinant d’être là en short !

Le lendemain nous découvrons le fabuleux mouillage du Pain de sucre, à moins de deux milles de là : petite plage de sable blanc bordée de cocotiers, les fonds sont limpides et armés de nos masques et tuba nous nous régalons de ce que nous y voyons. J’entends crier Loïg à travers son tuba, il vient de trouver une tortue de belle taille qui se faufile à travers coraux ! La journée passe vite : entre baignades, ballades en kayak, et snorkeling. C’est beau les vacances !

Le soir nous nous octroyons une petite sortie au village, les enfants, eux, préfèrent rester sur ESSENTIEL à visionner pour le énième fois Percy Jackson… Ils sont bien dans leur cabine centrale, lovés dans leurs draps avec le pc sur les genoux. Le village est très animé et nous trouvons un « pub » très sympa où la musique bat son plein, ambiance mélangée d’autochtones et de touristes, les ti-punchs et les planteurs y sont très bons et le Cap’tain a découvert un Daïquiri-ananas qu’il boit comme du jus de fruit… Il y a même une connexion wifi plus que correcte qui nous permet, après 13 jours en mer, de renouer le contact avec nos amis terriens et d’alimenter notre blog…

A la recherche d’une vie sociale développée après treize jours de solitude, nous discutons, racontons notre périple et oublions l’heure qui passe (les ti-punchs et daïquiri-ananas aidant)… Par talkie-walkie les moussaillons nous rappellent à l’ordre, ils ont fini leur film et ont très faim !

Nous profitons de cet endroit de rêve quelques jours et rejoignons Pointe à Pitre par la suite pour quelques travaux d’entretien du bateau et aller chercher Sarine à l’aéroport. Nous mouillons au mouillage de carénage (drôle de nom) juste en face de la marina Bas-du-Fort. Il nous reste deux jours avant qu’elle arrive, nous donnons donc un bon coup de nettoyage au bateau et partons pour la baie de Sainte Anne que les guides nous présentent comme l’une des plus belles plages de la Guadeloupe. C’est une longue plage bordée de cocotiers, animée par les locaux viennent y passer leur week-end pour pique niquer sous les cocotiers. L’ambiance est vraiment très agréable, la quiétude à peine troublée par les vendeurs de sorbet coco et d’ananas, je me régale à observer les familles sur la plage, nous sommes à quelques jours de Noël: je n’en reviens toujours pas !

Nous rentrons au port le soir car il nous faut faire un bon avitaillement pour les fêtes ! Le lendemain je pars en bus pour le grand centre commercial de Pointe-à-Pitre nommé à juste titre ou pas : Destrelland (Déstressland ?). Un vrai parcours du combattant, car il nous faut prendre trois bus, certains se déroutent pour accompagner une petite mamie plus proche de chez elle, les gens sont très serviables et accueillants et surtout pas stressés… Trois heures plus tard nous arrivons dans un immense centre commercial. Ici pas de palmiers mais la clim et les néons, je suis chez Carrefour à Lyon !!!

C’est un choc, la galerie marchande regorge des enseignes de la métropole et c’est une fourmilière : des caddies partout pleins de paquets emballés pour Noël ! Nous prenons un caddie et nous plongeons dans Carrouf ou nous faisons notre shopping de Noël, mélange de douceurs métropolitaines et locales, on est devenus fan des petits boudins pimentés, des patates douces, des bananes-légumes et autres légumes pays, mais nous restons fidèles aussi au saumon fumé et notre classique champagne !

Mardi est une grande journée : mamie Sarine arrive ! Les enfants exultent, ils sont impatients de la revoir et nous aussi, l’excitation est à son comble à bord. Le frigo déborde, pas évident de faire tout rentrer dans un si petit espace, c’est Byzance …

On l’accueille avec un repas antillais, au menu : petits boudins, riz créole et fruits de la passion arrosé de notre petit vin blanc portugais, on passe une super petite soirée !

Nous décidons de partir visiter la réserve Cousteau à l’Ouest de Basse-Terre. Le mouillage de Malendure, juste en face, est une partie de la Guadeloupe moins touristique car moins balnéaire, mais aussi plus « humide » car très proche des montagnes. Les grains dévalent régulièrement sur ESSENTIEL.

Nous faisons d’abord un stop à l’ilet Gosier, tout près de Pointe-à-Pitre, un minuscule îlot entouré de palmiers et mangroves, et si ce n’était les vedettes surpeuplées de locaux, transformées en boites de nuit avec musique et punch (eh oui nous ne sommes pas les seuls à apprécier l’endroit !), on se prendrait pour Robinson Crusoé!

Le lendemain, décision est prise d’aller directement à Malendure où se trouve la réserve dite Cousteau ce qui présage de fonds superbes et un baptême de plongée est prévu au programme pour les moussaillons. La nav est plutôt musclée et Sarine quant à elle pour son baptême de navigation est gâtée ! On essuie plusieurs grains et enregistrons des rafales de vent à 50nds au Sud de l’île. Du jamais vu même lors de la transat, nous qui rêvions d’un peu de vent sur les derniers jours ! La bonne nouvelle est que nous arrivons bien plus tôt que prévu, un peu brassés et bien contents d’arriver, le petit apéro avec vue sur la baie ravigote tout le monde et nous rejoignons les « SLOW MOTION » pour ti-punch et planteur dans un petit bar très sympa sur la plage, la vue est splendide, la vie est douce!

Le matin les garçons sont très excités à l’idée de faire leur baptême de plongée, l’équipe du club est très sympa : les enfants sont très à l’aise et les instructeurs les lâchent très vite, nos deux petits plongeurs se régalent entre les poissons perroquets et les tortues peu farouches, ils remontent enchantés de leur expérience: une de plus !

L’après midi nous retournons à l’îlet Pigeon avec nos masques et tubas car le spot est superbe. Eliot trouve même la statue du Commandant Cousteau qui est plantée sous 12m de fond.

Mais la question est où passer Noël ! Non pas que les endroits paradisiaques manquent mais nous aimerions trouver un village pour le côté festif, les Saintes font l’unanimité et nous décidons de redescendre la côte. Là encore nous vivons une nav musclée avec 30nds de vent au près serré : décidément Sarine aura eu déjà deux nav bien sportives mais elle s’en sort très bien !

Arrivés aux Saintes nous sommes invités à l’apéro par les « SLOW MOTION » puis nous sautons dans l’annexe pour rejoindre le village et y faire quelques achats de Noël : la musique dans la rue, les guirlandes lumineuses et une crèche vivante sous fond de tamtam, on a tous du mal à croire qu’on est le 24 décembre !

De retour sur ESSENTIEL nous sommes surpris par le vent ce qui rend le mouillage très rouleur. SLOW MOTION, très inspiré, change de mouillage et part se mettre à l’abri derrière l’îlet à Cabri, ils nous informent par VHF que derrière l’île c’est un vrai lac, malheureusement il n’y a plus de bouée disponible… Nous sommes contraints de rester et là pour couronner le tout il se met à pleuvoir, heureusement la pluie ne durera que dix minutes mais tout est trempé à l’extérieur et impossible de rester à l’intérieur avec une houle pareille, après un bon séchage des coussins, loin de nous démonter pour si peu (c’est Noël quand même !) le Cap’tain ouvre une bouteille de champagne qui sûrement très secouée par nos dernières nav arrose tout le cockpit !!! Grrr, heureusement il en reste suffisamment pour le déguster avec le foie gras maison que Sarine nous avait emmené, les langoustes qui frétillent encore de la queue mais pas pour longtemps, et la buche aux couleurs locales (mangue-coco-passion)…

 

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.