Carnet de Bord de Béa : Adios Cuba !

Presqu’un mois passé à Cuba et nous voilà déjà partis vers d’autres horizons… Une escale coup de cœur où nous serions bien restés un mois de plus ! Cuba est la plus grande île des Caraïbes et pour qui aurait du temps (je sais c’est un comble pour nous de parler de manque de temps) deux mois pour visiter toutes ses richesses n’aurait pas été un luxe, milliers de km de plages de couleur nacre, musique envoutante, métissage réussi  de l’Espagne et l’Afrique, peuple formidable avec un immense sens de la fête : je n’aurai qu’un conseil à donner pour qui viendrait à Cuba, faites la sieste, buvez du café, faites ce que vous voulez  mais surtout ne ratez pas les fêtes nocturnes surtout à la Havane ! Pour notre part après des journées éreintantes de marche en ville et surtout affublés (je rigole) de deux moussaillons vidés le soir nous n’avons pu profiter suffisamment de ces ambiances typiquement cubaines. Nous nous écroulions littéralement dans notre « casa particular » (chambres chez l’habitant) aux murs blancs et frais, bercés par la musique cubaine.

Santiago de Cuba, Cienfuegos et La Havane sont les seules villes que nous aurons eu le temps de visiter mais notre choix a été de rester à chaque étape suffisamment pour nous baigner de ces ambiances… Pour aller à la Havane nous avons laissé ESSENTIEL au port de Cienfuegos bien heureux de cette escale terrienne, un vrai choc à tous les niveaux : architecture coloniale : arcades, colonnes, balcons ombragés, patios andalous, on comprend pourquoi le vieux quartiers de la Havane (où nous avons eu la chance de trouver une très jolie casa particular tenue par des étudiants cubains adorables est  inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Attention il ne faut pas s’attendre à une ville entièrement préservée et rénovée, touchée par les ouragans et par le manque de capitaux, la ville est avant tout un dédale de rues bordées de maisons craquelées, toitures arrachés, peintures défraichies, mais c’est aussi ce qui lui donne tout son charme, heureusement Fidel a décidé de financer la rénovation de plusieurs anciens palais à la fin des années 90 et il faut dire que c’est très réussi. Palais transformés pour la plupart en hôtels de charme où (si les prix pratiqués n’étaient pas hors budget pour nous) nous aurions bien séjourné.

Cela dit pour $30CUC la chambre, les casa particular permettent un échange avec l’habitant plus chaleureux et moins anonyme que celui qu’on aurait eu avec  le personnel de ces hôtels de luxe. De plus c’est un moyen pour les propriétaires de ces casas de faire un peu de commerce et de gagner leur vie si dure à Cuba. Cela étant dit je ne chercherai pas ici dans ce petit billet d’humeur à me substituer aux guides touristiques très bien faits qui vous donneront toutes les indications de visites de la Havane. Ici ce sont les gens qui m’ont le plus intéressée, avec un regret, ne pas parler leur langue ! Néanmoins beaucoup de cubains rencontrés parlent très bien l’anglais et le français, l’éducation étant prise très au sérieux à Cuba.

Si je m’en tenais là, je tairais (et ce serait dommage) tout le côté sombre de l’île : Cuba, ce n’est pas seulement les belles américaines (délabrées pour beaucoup!), les palais espagnols, les cigares de luxe et la musique ; mais c’est aussi beaucoup de pauvreté et de tristesse dans le regard des Cubains car le peuple est pauvre et le salaire mensuel moyen est d’environ 15 euros. Avec ça tout est dit, même si la médecine et l’éducation sont totalement gratuites et les transports, électricité, loyers peu chers ! De plus le régime Castriste empêche les Cubains d’être réellement libres et les jeunes aspirent à d’autres horizons notamment en s’ouvrant sur la communication avec le monde extérieur car ici internet est totalement bridé et seul 1,7% de la population a accès aux sites web. Ici la police est partout, bien naïvement je ne voyais que les uniformes, mais la vraie police, celle qui surveille de près (notamment les cubains qui discuteraient trop longtemps avec un touriste) est en civil et donc invisible !

Quant à l’embargo américain, comme le dit si bien l’auteur de notre guide nautique Nigel Calder, il est immoral, hypocrite et contre-productif. Immoral dans le sens que ce n’est pas le gouvernement cubain qui  souffre de ses effets néfastes mais le peuple, hypocrite dans le sens où le gouvernement américain le justifie par le manque de démocratie et le déni des droits de l’homme sous le régime Castro alors que les USA ont apporté leur soutien à des régimes bien pires tels que ceux de Pinochet ou celui de la Chine pour ne citer que ces deux là !

Il reste à souhaiter un assouplissement à la fois du régime de Castro (les Cubains peuvent officiellement depuis peu quitter le pays pour rejoindre de la famille habitant à l’étranger, mais n’en ont pas les moyens financiers !) et du gouvernement américain.

Pour notre part malgré tout cela nous quittons Cuba et choisissons de nous souvenir en priorité des beaux contacts que nous avons eus avec son peuple, à l’image de Juan, lutteur professionnel ancien membre de l’équipe olympique en 1983 qui nous a conduit à Cienfuegos en « bicitaxi » . Juan a eu la chance nous a-t-il dit (dans un français parfait) de beaucoup voyager, en France, en Italie, en Chine, et même Mongolie. Il aurait eu maintes fois l’occasion de ne pas rentrer à Cuba comme beaucoup de son équipe, mais l’amour de son pays et sa famille auront été plus forts que l’attrait même de la liberté !

 

(2 commentaires)

    • Liliane Vaudrin on 13 mars 2013 at 17:41
    • Répondre

    Bonjour,
    Serait-il possible d’avoir les coordonnées de la casa particular tenue par des étudiants a la Havane.
    Merci
    Liliane

    1. Bonjour,
      Casa Vieja 1840 (tout près de la place VIEJA)
      110 Calle Teniente Rey (Brasil)
      Tel (537) 862 0477
      email stay@casavieja1840.com
      http://www.cajavieja1840.com

      On recommande vivement !

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