Samedi 4 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 1

Position en 24h : 19°41.5N 62°28.5W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 104

0h15 – Départ de St Martin. Nous souhaitions partir vendredi dans la soirée mais la superstition marine nous a rattrapé : on ne part pas un vendredi ! Pourquoi, je n’en sais rien, mais si on dit que ça porte malheur alors inutile d’aller gratter le dos de Neptune un vendredi, ça se passe de commentaire lorsqu’on a  2500 milles nautiques à parcourir sur une belle courbe vers les Açores… La courbe sera certainement elliptique car nous prévoyons de suivre les vents d’un anticyclone qui va passer sur notre route. La stratégie est donc simple : faire du Nord, puis du Nord-Est dès que c’est possible. Le départ se fait au moteur car il y a pétole.

4h30 – J’ouvre un œil pour surveiller de mon hublot que tout se passe bien et je constate que l’on se traine alors que nous avançons au moteur. Il n’y a pas un souffle de vent et le speedo affiche 3nds et ça n’a pas l’air d’inquiéter notre coéquipier Henri (c’est normal il faut qu’il prenne ses marques). Un rapide coup d’œil et j’aperçois une bouée de casier que l’on traine sur tribord… !#%*^ §# !!

4h45 – Il me faut un bon quart d’heure pour me sortir de mon demi sommeil et me décider à me mettre à l’eau dans la nuit noire. Je lance un bout attaché à un pare-battage, fil d’Ariane peu utile car il n’y a ni vent, ni vague, ni courant. Mais que la mer est noire ! Louis et Henri m’éclairent le côté de la coque afin que j’y vois quelque chose ; au fond de moi j’espère que ces lumières ne vont pas attirer des créatures étranges… Je refoule mes cauchemars d’enfant et je m’arme d’un couteau pour sectionner le filin que l’on traine avec Dieu seul sait quoi au bout. L’opération prendra moins de cinq minutes et je remonte d’un bond sur la jupe arrière. Heureusement que nous ne sommes pas partis un vendredi !

7h00 – Je coupe le moteur et j’envoie le code zéro (la voile magique d’Essentiel !). Nous faisons un 4,5 nœuds honorable dans un petit vent arrière S-SW. C’est toujours mieux qu’au moteur.

9h00 – Le mer est belle, calme et douce. Je retrouve les sensations éprouvées lors de notre première transat aller, celles qui éveillent mes sens : la beauté de l’immensité du bleu, le vent qui glisse sur la peau, l’air pur et frais, le doux bruissement du bateau qui glisse en liberté, le réconfort du thé du petit matin à la sortie d’un quart.

10h30 – Les poissons volants sautent au tour de nous, y a t’il des prédateurs dans le coin ? Nous mettons les cannes à pêche en place.

16h00 – Le ciel se couvre d’Altocumulus ondolatus aux formes de rouleaux blancs et gris ; ils seront bientôt recouverts par des Stratocumulus aux aspects de larges dalles. Pas de changement du vent qui continue de souffler force 3 S-SW.

18h40 – Avec si peu de vent on essaye un peu de tout : ce qui marche le mieux c’est le code zéro et le Solent en ciseaux.

 

(1 commentaire)

  1. Bon vent les garçons on pense a vous
    Momo et Gégé

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