Derniers travaux et mise en carénage

En juin 2013, ESSENTIEL était sur le ber de la Grande-Motte pour une révision des moteurs et une mise au propre des coques.

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Les moteurs sont révisés par Carène Service et deux petites fuites mineures sur la pompe à eau sont vite réparées.

Nous avions changé le moyeu de l’hélice tripale bâbord l’année dernière, les cannelures étaient totalement usées (voir http://vogue-essentiel.fr/?p=6148). Par souci d’équilibre et pour éviter les mauvaises surprises à l’avenir, nous décidons de changer le moyeu de l’hélice tribord. Au moins il n’y aura pas de vis caché à la revente, nous tenons à ce qu’il soit parfaitement entretenu.

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Puisqu’ ESSENTIEL est à sec, nous en profitons pour faire changer les joints spi des saildrives bâbord et tribord, nous faisons cela régulièrement à chaque sortie d’eau, ça évite les mauvaises surprises. Contrôle des engrenages au passage, ils sont en parfait état.

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Enfin le travail de carénage peut commencer. Je suis assisté des deux matelots qui restent avec moi toute la semaine pour m’aider. Armés de gants et de masques, ils m’aident comme des pros ! C’est toujours un plaisir de partager ces petits moments avec eux. Ce sera une semaine entre garçons car la Seconde est remontée à Lyon… pour faire les soldes !

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 Et voici le résultat !

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Cadix – Gibraltar – Barcelone, 3 étapes et la fin d’un rêve.

Cadiz (Esp)

CadizAprès un repos bien mérité dans la superbe ville de Cadix en Andalousie espagnole, nous avons vraiment réalisé la longue route que nous venions de parcourir dans l’Atlantique Nord. Cette grande parabole de 3 632 milles nautiques (6 726km) nous a laissé un peu le vertige, et c’est une fois à terre que nous avons pleinement mesuré la dimension de notre voyage transatlantique.

Cadix est bâtie sur un rocher relié au continent par une chaussée étroite et au bord d’une baie ouvrant sur l’océan Atlantique. C’est parait-il une des plus anciennes villes d’Europe. Après la traversée transatlantique de Christophe Colomb en 1492, les navires espagnols qui rapportaient les trésors des Amériques élirent Cadix comme port d’attache et la ville devint une des plus riches d’Europe. Aujourd’hui « la tacita de plata » (la tasse d’argent, c’est ainsi qu’on l’appelle) vaut vraiment le détour. Cependant la marina qui nous accueille n’a pas d’intérêt particulier, mais hors saison les places en sont pas chères. Le centre ville est à 15 minutes à pieds.

Gibraltar (GB)

GibraltarAprès la belle de Cadix nous avons rejoint le rocher de Gibraltar et sa teinte so british. Contrairement à l’aller nous ne sommes pas allés en marina, mais au mouillage côté espagnol dans l’avant-port de La Linea de Concepcion (36°09.56’N 05°21.3’W).

Pour rejoindre le centre de Gibraltar il faut compter une bonne demi-heure de marche et passer la frontière (incredible isn’t it ?) pour faire un saut dans l’enclave du royaume de sa majesté la Reine Elisabeth II. Attention ne pas oublier son passeport sous peine de faire un aller-retour au bateau (toujours à pieds) ! Juste derrière la ligne, une cabine téléphonique rouge vous accueil dans le monde stéréotypé britannique, et il faudra traverser à pied la piste de l’aéroport pour rejoindre la ville de Gibraltar.

Voir notre article du 20 Sept. 2011 sur Gibraltar : http://vogue-essentiel.fr/?p=4173

Barcelona (Esp)

Port-Vell

Port Vell

Le bulletin météorologique délivré par le CrossMed sur la VHF annonce un « grand frais fraichissant coup de vent » dans le golfe de Lion. Traduction pour les néophytes : restez à l’abri, ne vous aventurez pas en mer sous peine d’une bonne rouste. Nous devons donc faire une pause en chemin : Ibiza ou Barcelone ? La Tramontane soufflant fort dans le Sud-Est, nous optons pour Barcelone qui est bien mieux protégée le long de la côte avec une mer plus calme.

515NM séparent Gibraltar de Barcelone, trois petits jours de navigation bien tranquilles. Nous prendrons une place au port Vell en plein centre de Barcelone, très agréable mais aussi très onéreux : 110€ la nuit (contre 60€ à Cadix). Nous nous plongeons avec plaisir dans la Rambla, les Halles de la Boqueria, déambulons dans les ruelles de la Ciutat Vella (la vieille ville) pour finir le soir au restaurant Los Caracoles et déguster un excellent cochon de lait… J’adore Barcelone !

 

Mais où suis-je ? A Barcelone ! En Méditerranée ! Les Antilles me semblent si loin déjà…

Cuba ? C’était il y a six mois…

La côte Est des Etats-Unis ? C’était il y a un an…

Les Grenadines ? C’était il y a deux ans…

Le Sénégal ? C’était il y a une éternité…

Il va falloir que je m’y fasse, notre voyage, mon beau projet, le rêve de ma vie se termine…………..

 

 

 

Epilogue, le mot de Louis

Histoire d’une Transat … ou à la poursuite de l’Anticyclone des Açores !

 

Cela aurait pu s’appeler l’Histoire de trois mecs à bord d’un voilier et quel voilier…. L’ESSENTIEL !

Pour moi c’est  une belle aventure humaine aux côtés de Cap’tain Christophe et Henri the Doc, de Dorian notre super routeur depuis Perpignan et des élèves de l’Ecole Nationale de la Météo à Toulouse.

Merci à tous pour cette belle histoire.

21 jours passés en mer et 3650 Mn sans escale, de Saint Martin à Cadiz, réservent des périodes d’émotion, de fou-rires  et des moments de préoccupations lorsque les conditions météorologiques nous jouent des tours.

Voir passer des méduses « toutes voiles dehors » de toutes les couleurs, en  forme de peignes de femmes, et imaginer quelques instants  que c’est le contenu d’un container tombé à la mer, essayer de dialoguer  à la VHF avec une balise signalant un haut fond immergé de quelques mètres au milieu de l’Océan (et oui cela existe !) déclenchent encore chez nous, alors que la transat se termine, des éclats de rires.

De l’étonnement, lorsque notre stratégie de route, par ailleurs pertinente, à la poursuite de l’anticyclone des Açores nous positionne à 850 Mn de Terre Neuve et à plus de 900 Mn des Açores alors que nous ne sommes pas équipés pour la pêche à la morue.

Des souvenirs me reviennent alors à l’esprit… « Yo te conozco bacalao ! » (Je te connais morue !) S’exclame le petit garçon, à bord du bateau de pêche de son grand-père, dans le roman picaresque de mes lectures espagnoles de lycéen.

L’inquiétude est présente dans nos esprits, lorsque nous apprenons que des bateaux copains de rencontre sont dans la difficulté, alors qu’ils font une route directe vers les Açores et perdent ainsi beaucoup de temps et d’énergie.

Nous nous félicitons du choix de cette route, plus longue mais plus rapide et plus confortable, lorsque nous apprenons qu’il y a eu de la casse plus au sud et lorsque le groupe de recherche « Lorient » nous signale la disparition du voilier « Grain de soleil », avec trois garçons à bord, à 350 Mn au Sud des Açores dans des creux de 5 à 6 mètres.

Un peu de lassitude se lit sur les visages  lorsque pendant trois jours, à l’approche de la côte portugaise, nous sommes secoués par un vent au près  de force 8, dans des creux  de 4 à 5 mètres.

Cette lassitude se transforme en large sourire de satisfaction lorsque nous apercevons les contours de la ville de Cadiz « La tacita de plata » (La petite tasse d’argent) de mes premiers voyages avec  Marie-Thérèse et de mes cours d’Espagnol  il y a…. 60 ans déjà.

En remontant la Méditerranée, de Gibraltar à la Grande Motte, mes sentiments sont partagés : un immense plaisir de revoir mon épouse, mes enfants et petits enfants, mes amis … et en même temps un soupçon  de tristesse à la perspective de la fin proche de cette belle aventure.

Un grand merci à ma familles et aux amis qui, depuis la terre, ont vibré et suivi notre périple, nous donnant l’illusion que nous ne faisions pas tout cela pour rien.

Une attention particulière à ma chère épouse, à Mireille, Magali et  Fabrice mes enfants qui, par leur adhésion au projet ont facilité ma prise de décision.

A mes chéris Emilie et Camille, « N’ayez pas de crainte,… vivez pleinement vos rêves ! »

Sans vouloir plagier qui que ce soit et surtout pas le Grand Georges…. «  Les copains de bord c’est super… et L’Essentiel  est vraiment  un beau bateau ! »

 

Louis (juin 2013)

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Epilogue, le mot d’Henri

Pas d’épilogue ; c’était juste que le chemin passait par l’océan, pardon Océan.

Le Camino continue. Demain, le sac bouclé, je vérifierai ne rien avoir oublié, ne pas avoir laissé d’empreinte et avoir remis en place, pour les suivants, les trésors qui s’y trouvent.

Remercions d’abord le Cap’tain choc sans qui tout cela…. Mon frère Louis (il m’énerve celui là à m’appeler son beau frère, comment m’appellera-t-il quand je serai divorcé)  ; et  Dorian « Adit » (c’est ainsi que mes coturnes l’appellent) qui fait la pluie et le beau temps. Sans oublier le principal acteur : ESSENTIEL ; ses bruits, ses grognements , ses chocs avec la mer qui nous accompagne me manquent déjà.

Si jamais, le vent de la mer vous propose un voyage, faites-le. Vous y verrez les dauphins danser au clair de lune, des nuits épaisses où on voudrait découper des fenêtres, des amis avec des cœurs gros comme ça. Vous naviguerez au grés du caractère et du mental de vos compagnons et comme moi vous aurez tout à y apprendre. Même si c’est toujours de ma faute. Faites un cerf volant avec trois étoiles, accrochez vous et hop c’est parti.

Vous verrez des merveilles, il y est question de trésors, d’alliances, de testaments, de clef et de serrure. Peut être découvrirez vous tout cela, ça marche, je peux en témoigner. Homme libre, l’Océan est à ton image. (respectez cet ordre de la phrase, il est volontaire)

Buen Camino

Henri

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Dimanche 26 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 23 (FIN)

Position : 36°32.5N 06°17W (Cadix, Espagne)

Nombre de milles parcourus au total : 3632

7h00 – Le réveil est difficile ce matin, le manque de sommeil cumulé de ces derniers jours se fait ressentir. Dehors il fait gris et frais, mais où est passé le beau temps d’hier ? Un vent très faible du Sud (l’exact opposé de ce que nous avions hier !) nous contraint à continuer au moteur. Nous sommes à 8h de Cadix.

11h00 – Le vent tourne légèrement au Sud-Ouest, un petit force 2 qui nous aide timidement dans notre avancée sur les derniers milles qu’il nous reste à parcourir.

11h30 – Tout est calme et gris. Sur notre route nous croisons quelques cargos ancrés dans l’attente de quelque chose et nous passons tranquillement près d’eux. L’un d’eux (« LNG Léo » un méthanier de 283m) nous a contourné ce matin, fuyant à notre approche car il devait sans doute respecter des règles de distance de sécurité ; un cargo de cette taille faisant une boucle de 360° au tour d’Essentiel qui n’a pas dévié sa route d’un petit degré, c’est du jamais vu.

14h00 – Cadiz est là, sous nos yeux, il reste cinq milles nautiques à parcourir et nous y sommes. Le temps est gris et un peu brumeux. De loin ce que nous voyons c’est  l’imposant site industriel avec ses grues et ses container. La Tacita de Plata (la tasse d’argent) ne brille pas car il ne fait pas beau…

Ce soir nous nous préparerons en vue d’une ballade bien méritée dans la vieille ville de Cadix, direction le centre historique, ses fortifications et sa cathédrale. Objectif : trouver un bon restaurant pour nous offrir une parillade de poissons !

15h40 – Essentiel est amarré au ponton de la marina Puerto America.

Voilà, notre transatlantique d’Ouest en Est se termine. Nous arrivons à Cadix au terme de 23 jours de navigation et 3632 milles nautiques parcourus. Nous avons tracé une belle parabole dans l’Atlantique Nord (route bleue) pour contourner un anticyclone positionné au Nord des Açores (trace jaune). Même si cette route n’était pas la plus courte, elle était de loin la plus confortable en suivant les vents réguliers de cette vaste zone de hautes pressions. La descente vers le Portugal a été plus sportive avec des vents à plus de 30nds et une mer forte, mais Essentiel s’en est très bien sorti !

Route

Remerciements

Merci aux bateaux copains PENN GWEN, CAJOU, KERVAN, GARGALOU, KAPUERA, OCEANIX et BLUE NOTE qui nous ont envoyé des messages d’encouragement.

Merci à ceux restés sur terre qui nous ont suivi tout au long de ce voyage.

Merci à Dorian Gachon pour sa très précieuse assistance routage et son suivi quotidien.

Merci aux étudiants de l’AEENM pour leurs prévisions météorologiques tout au long de notre parcours.

 

Samedi 25 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 22

Position : 36°52N 08°02W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 3544

7h00 – Cette nuit ça a été la guerre ! Ca fait trois jours et trois nuit que ça tape dans tous les sens, mais là c’était la totale. Je crois qu’Essentiel n’a jamais été frappé par autant de vagues de côté, de dessous, et même de dessus. Jamais nous n’avons eu le sentiment d’être en insécurité, mais en inconfort, oui.

Ce matin le vent s’est calmé, il ne souffle plus qu’à 20nds (contre 34 hier). Il est aussi un peu orienté d’Ouest, nous sommes donc sur une allure légèrement portante qui est plus confortable. La houle fait bien encore 2m mais elle claque moins.

7h30 – Le 10e méridien a été franchi, nous avançons la montre du bord d’une heure. Pus qu’une heure nous sépare de la France !

8h30 – Vigilance, nous arrivons sur la zone de passage des cargos qui transitent sur l’axe Nord-Sud de la péninsule ibérique. Le temps est légèrement brumeux et la visibilité est réduite à huit milles nautiques, mais heureusement il fait beau.

13h10 – Je me repose dans la cabine en écoutant les commentaires et manœuvres de mes deux coéquipiers qui passent tout près derrière un cargo. Contrôle à l’AIS, modification de l’angle de route, réglage des écoutes, ils ont l’air sûrs d’eux. Soudain j’entends « Prends l’appareil, je vais les filmer sur le pont, regarde, ils nous saluent ! »… on est si près que ça ?!?

13h40 – Henri s’écrit « un sous-marin ! ». Je me précipite stupéfait sur tribord, c’est une bouée de pêcheur blanche qui flotte tranquillement. Je ne m’étais pas inquiété de l’acuité visuelle de mes vieux crabes jusque là…

14h50 – On aperçoit la côte portugaise ! Le cap San Vicente est à 9.2NM droit devant nous. C’est un grand moment d’apercevoir la côte après avoir parcouru près de 3500 milles nautiques.

16h20 – Les falaises défilent sous nos yeux, le phare de Cabo de San Vicente est de toute beauté, massif et blanc construit à flan de falaise, il s’impose face à cet océan qui parait le défier. C’est un spectacle pour nous qui ne voyons rien d’autre que de l’eau depuis notre départ de St Martin.

19h30 – Le vent est tombé, la mer est d’huile. Surprenant contraste avec les derniers jours. Nous entamons cette nouvelle nuit au moteur.

Vendredi 24 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 21

Position : 38°00N 10°49W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 3390

6h30 – Je suis sorti du lit par Louis qui m’annonce un cargo à 2 milles nautiques (3,7km) de nous mais qui ne le voit pas. Il est très proche, en moins de dix minutes il peut être sur nous (bien moins que ça si nos routes convergent). Je jette un coup d’oeil à l’AIS et c’est confirmé, il est sur notre arrière à 2,0NM ; nous le voyons maintenant, il faut dire qu’avec les vagues de quatre mètres la visibilité est réduite.

7h00 – La pression atmosphérique a baissé de 1025 cette nuit à 1022hPa. C’est signe d’une dégradation du temps et ça se confirme : nous avons un vent force 8 de Nord et les vagues font maintenant entre 3 et 4 mètres. Nous prenons toujours les vagues de travers et nous ne pouvons changer notre route si nous voulons rejoindre le Sud du Portugal.

13h00 – Le baromètre continue de baisser à 1020hPa et la mer est forte avec des creux parfois impressionnants.

15h00 – Nous faisons une jolie pointe à 14,4nds SOG (vitesse fond).

16h00 – Des dauphins viennent rejoindre Essentiel et semblent ravis de pouvoir enfin jouer avec ce drôle d’engin qui rebondit à plus de 9nds sur des vagues qui déferlent. Personne sur le pont pour les photographier (il faudrait être fou), mais on les aperçoit sauter devant l’étrave avec puissance et une aisance déconcertante dans cette mer démontée.

16h17 – Petit pointe à 14.4nds (SOG) sur un surf !

18h00 – La bonne nouvelle puisqu’on avance vite c’est que demain nous devrions être assez proches de la côte Portugaise pour franchir le rail des cargos en début de matinée.

23h00 – Ca secoue toujours fort à bord d’Essentiel. La mer est dure et hachée et le vent souffle toujours à 30nds, mais il s’est orienté Nord Nord-Ouest.

Jeudi 23 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 20

Position : 39°51N 14°17W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 3194

7h30 – Réveil secoué ce matin car la mer s’est formée avec des creux de 2.5m. C’est un rodéo que se livre Essentiel en rebondissant à plus de 8nds sur une mer d’acier, arrosé par des gerbes d’eau. Deux ris dans la GV et le Solent réduit, nous progressons assez vite sous 25 à 28nds de vent apparent. Le temps est toujours gris mais il fait un peu moins froid.

9h30 – Louis et Henri sont toujours au lit, ça sent la grasse matinée. Il faut dire que pour se lever il faut défier les lois de la gravité et avoir un bon sens de l’équilibre, alors mieux vaut être bien éveillé.

11h00 – 30nds, ça décoiffe !

12h00 – Quand ça bouge, la règle c’est de s’accrocher. Il faut bien s’imaginer que même si nous restons physiquement debout, nous sommes projetés à 2.5m de hauteur pour redescendre aussi vite, expérimentant ainsi un mélange de lévitation, de gravité et d’attraction terrestre. Nous titubons, nous avançons pour soudain nous stopper net car le bateau freine sèchement, puis nous nous projetons en avant sans avoir l’air de maitriser notre corps. Le bateau s’enfonce, les genoux fléchissent, nous pesons 20kg soudainement. Puis brusquement on remonte et l’estomac fait un bon en l’air.

Comme il est midi et qu’il faut bien manger, le menu est limité au sandwich jambon-beurre-cornichons, et ensuite repos pour tout le monde ! Dans le gros temps, on mange et puis on dors. C’est aussi simple que ça.

15h00 – Essentiel glisse sans jamais enfourner dans les vagues mais certaines lames frappent le bateau sur le travers avec fracas, projetant de grandes gerbes d‘eau sur le roof avec des bruits de guerre à l’intérieur. Les coques tremblent mais le bateau ne bouge pas, la structure souple du catamaran est impressionnante de solidité. Une petite pensée pour Gérard Danson, brillant architecte le l’Outremer 45.

19h00 – Nous avons mis trois ris dans la GV et bien réduit le Solent. Malgré tout Essentiel fonce à 7-8nds sur une houle de 3m. La nuit promet d’être mouvementée !

Mercredi 22 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 19

Position : 41°10N 17°49W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 3014

4h30 – Un mot relevé sur le carnet de bord de Louis : « A bord il fait toujours aussi froid (14°C ce matin dans le carré, donc à l’intérieur durant mon quart). Mais la chaleur est dans les coeurs! »

7h00 – Le 20e méridien est franchi, la montre du bord est avancée d’une heure. Plus que deux heures nous séparent de la France.

8h00 – Eole ne nous facilite pas la tâche. Le vent de Nord-Est est difficile à tenir. Nous faisons un près serré (qui secoue pas mal) qui pour le moment nous permet tout juste de viser le Sud du Portugal. Mais en réalité, si le vent ne change pas nous risquons de nous retrouver à Rabat !… Aller, un petit tour par les Canaries et on repart vers les Antilles en reprenant les Alizés ?

13h00 – Au menu de ce midi : petite poêlée de haricots verts (les derniers) avec du riz et le fameux jambon de Bayonne amené par mes coéquipiers dans leurs bagages (5kg !). Découpé en fines tranches, ce jambon est un régal ! C’est aussi une excellente source de protéines qui se garde très bien, enveloppé dans un torchon à l’abri de l’humidité. A recommander pour les longues navigations.

Nous avons aussi acheté de nombreuses baguettes précuites qui se gardent très bien plusieurs jours. Réchauffées au four, ça sent très bon et c’est tellement bon une bonne baguette chaude et croustillante…

16h00 – C’est sympa de recevoir des mails des bateaux copains qui suivent notre progression et nous encouragent. Merci à vous Penn Gwen, Cajou, Kervan, Gargalou, Kapuera, Oceanix et Blue Note !

19h00 – Dernière estimation sur la base du près serré qui nous ralenti un peu : nous devrions arriver à Cadix lundi 26 tôt dans la matinée.

21h30 – Nous venons de franchir le cap des 3000 milles nautiques depuis notre départ de St Martin.

 

Mardi 21 mai 2013 – Transatlantique retour, jour 18

Position : 42°17N 20°42W

Nombre de milles parcourus depuis le départ : 2868

7h00 – Ce matin au réveil, nous avons 17° et 85% d’humidité dans le cockpit. Dehors le temps est brumeux et le vent a un peu baissé. Ce n’est pas le moment d’aller prendre une douche, plutôt un bon café bien chaud.

7h45 – Après avoir retiré un des deux ris mis la veille dans la GV, Essentiel fait des pointes à 10nds sur une mer un peu désordonnée, mais c’est confortable. C’est l’heure du petit-déjeuner.

11h00 – Temps gris, froid et bruine, Ce n’est pas la journée idéale… Heureusement il ne pleut pas, il ne manquerait plus que ça !

12h00 – Il pleut !

12h30 – Au menu de ce midi : pâtes cuisinées et gratinées au gruyère. Avantage : c’est le repas de consensus, facile à faire, rapide à cuire, ça tient au corps et ça réchauffe.

13h00 – On entend au loin à la VHF un cargo qui appelle un voilier français situé sur son bâbord. Nous n’entendons pas le voilier car ils sont trop loin de nous, mais nous estimons leur position à 20NM sur notre tribord. Ils doivent faire une route parallèle à la notre. Et si on les rattrapait ? et si on les connaissait ?

16h00 – Le temps est mauvais, de gros nuages gris couvrent une mer pas bien grosse mais suffisamment découpée pour  être désagréable. Nous avançons donc là-dedans sans entrain. On évite de trop regarder la carte qui dans ce cas semble interminable, même si nous avançons bien car il ne nous reste que quelques jours avant d’atteindre la côte portugaise.

19h00 – Il fait toujours 17° à bord et le four est allumé pour réchauffer un peu le carré. Heureusement c’est l’heure de l’apéro.

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